Breton - Wikipédia

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Breton

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Cet article concerne la langue bretonne. Pour les autres significations, voir Breton (homonymie)Page d'aide sur l'homonymie
  Breton
(Brezhoneg)
 
Parlé en France
Région Bretagne
Nombre de locuteurs environ 257 000 adultes en région Bretagne en 1999[1]
Typologie V2
Classification par famille

 -  Langues indo-européennes
    -  Langues celtiques
       -  Groupe brittonique
          -  Breton

(Dérivée de la classification SIL)
Statut officiel et codes de langue
Officielle
en
Les langues régionales sont désormais reconnues comme faisant partie du patrimoine national depuis la révision de la constitution de juillet 2008. Depuis 2004 le Breton a été reconnu comme langue de Bretagne par le conseil régional.
ISO 639-1 br
ISO 639-2 bre
ISO 639-3 (en) bre
SIL BRE
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

Mellad unan

Dieub ha par en o dellezegezh hag o gwirioù eo ganet an holl dud. Poell ha skiant zo dezho ha dleout a reont bevañ an eil gant egile en ur spered a genvreudeuriezh.

Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur

Le breton ((br)brezhoneg) est une langue celtique dite insulaire, c’est-à-dire originaire de Grande-Bretagne, et appartenant au groupe brittonique. Son histoire en Bretagne commence à la fin de l’Antiquité et la langue s’y implante probablement au cours du Ve siècle à la faveur des migrations de populations bretonnes vers la péninsule armoricaine.

Cette langue est traditionnellement parlée dans la partie occidentale de la Bretagne ou Basse-Bretagne) à partir d'une ligne allant de Saint-Brieuc (au nord) à Guérande (au sud). Cependant, cette limite traditionnelle suivant la toponymie ker/ ville n'explique pas tout. D'une part la langue bretonne a été présente dans les grandes villes, le long de la Loire et de l'Erdre et également le long des anciennes frontières entre France et Bretagne mais d'autre part elle n'explique pas son reflux actuel ou elle a été oubliée à Vannes et à Guérande. Elle a été présente sur tout le territoire à différentes époques et dans différentes classes de la société, elle n'a cependant jamais été la langue maternelle de l'ensemble de la population du territoire de Bretagne mais seulement de 90 ou 95 % seulement[2].

De nos jours, la Bretagne compte quatre langues régionales aux origines assez différentes, en plus du français : le breton, langue celtique parlée principalement en Basse-Bretagne, le gallo parlé dans la majeure partie de la Haute-Bretagne, l'angevin parlé dans le Pays de la Mée et le poitevin-saintongeais parlé dans le Pays de Retz, ces trois dernières appartenant au groupe des langues d'oïl (dont est issu le français). Une personne qui parle breton est dite « bretonnante », terme ancien en français. Cependant, est apparu depuis quelques années dans les médias le terme encore peu employé « brittophone. »

Des controverses sur l’état de la langue bretonne existent, comme dans la plupart des langues, entre les partisans d’un breton populaire et les partisans d’une langue n’utilisant pas ou très peu d’emprunts au français. De plus, ces controverses portent aussi sur l’écriture de la langue, entre l’écriture dite « unifiée », ou littéralement « à l’unification parachevée » (peurunvan), dite aussi KLTG (pour Kerne, Leon, Treger, Gwened, c’est-à-dire des parlers bretons en Cornouaille, Léon, Trégor et Vannetais), créée dans le but de faire une synthèse de ces quatre parlers ; celle dite « universitaire » (skolveurieg), basée sur la phonologie, elle regroupe le KLT d’un côté et possède une variante pour le parler vannetais ; et celle dite « interdialectale » (etrerannyezhel), basée sur l’étymologie et dont le but, de la même façon que l’écriture dite unifiée, est de faire une synthèse des parlers KLTG en un système orthographique cohérent.

Sommaire

[modifier] Histoire

Le breton est une langue celtique de la branche brittonique, en cela proche du gallois et plus encore du cornique.

[modifier] Antiquité et Haut Moyen Âge

Sous l'Empire romain, le brittonique dont est issu le breton était parlé dans la province romaine de Britannia, soit environ jusqu'à la Clyde (rivière de Glasgow), le latin n'ayant pas remplacé la langue vernaculaire. Il était connu en Gaule du fait de la proximité de ces régions du point de vue culturel, politique et géographique. C'est dans ce breton qu’écrivent les poètes Aneurin et Taliesin dans les royaumes bretons du sud de l'Écosse actuelle. Au XIXe siècle en France, on commence à appeler cette langue le brittonique pour le distinguer du breton armoricain. Ce terme désigne aussi la langue bretonne avant le VIIe siècle.

Avec le Déclin de l'Empire romain d'Occident, des communautés entières de Britto-romains émigrent dans une partie de l'Armorique depuis les régions de l’ouest de la Grande-Bretagne (qualifiée dans ce contexte de Bretagne insulaire), surtout depuis le Devon et la Cornouailles). Ces émigrants apportent avec eux leur culture, leur organisation et leur langue.

Certains historiens, comme Léon Fleuriot dans son ouvrage Les Origines de la Bretagne, se fondant sur César et Tacite, l’ont présenté comme également proche du gaulois disparu au milieu du VIIe siècle.

Dans les années 1950, le chanoine Falc'hun avança que le breton aurait bénéficié d’un apport du gaulois. Pour lui, ceci expliquerait la principale différence du vannetais avec les autres dialectes bretons, à savoir l'accent sur la finale des mots et non la pénultième. Son premier argument consistait en la persistance du gaulois chez les Arvernes jusqu'à une époque tardive, ce qui lui faisait supposer qu’il devait en être de même en Armorique. Cette hypothèse a été contestée entre autres par Kenneth Jackson dans son ouvrage sur l’histoire de la langue bretonne en 1969, et elle est aujourd'hui rejetée par les spécialistes.

Ce dernier a par ailleurs utilisé l’Atlas linguistique de basse-Bretagne, de Pierre Le Roux, afin de mettre en évidence le rôle des routes dans la diffusion des influences depuis le centre-Bretagne.

On sait aujourd’hui que :

  • le KLT (voir l’article ou les explications plus bas) comme le gallois sont accentués sur la pénultième,
  • le vieil irlandais était accentué sur la première syllabe,
  • le gaulois était accentué sur l’antépénultième, l’initiale ou la finale.

Cette diversité de la position de l’accent tonique dans les langues celtiques interdirait toute supposition sur la place de l’accent en vieux celtique et ne permettrait pas d’expliquer par un substrat gaulois les spécificités du vannetais[3].

Par contre, la romanisation semble avoir été bien plus avancée dans le vannetais où les vestiges gallo-romains sont bien plus nombreux que dans le reste de la Bretagne. De plus, la palatalisation de /k/ et /g/ est un phénomène inhérent au bas-latin des IIe et IIIe siècles, donc avant les premières immigrations bretonnes. Enfin, le vannetais et le bas-cornouaillais ont effectué plus d’emprunts au roman que les autres dialectes surtout le long de la route Vannes-Quimper. L'accentuation du vannetais aurait été celle du vieux-breton dans son ensemble. Son maintien ne peut cependant être dû en tout à l’influence romane, puisque les langues romanes privilégient les paroxytons, c’est-à-dire les mots accentués sur l’avant-dernière syllabe[4].

[modifier] Moyen Âge

Icône de détail Article détaillé : Histoire de la Bretagne.

C’est à cette époque que le breton est devenu une langue propre à la Bretagne armoricaine. Il a été étudié par Léon Fleuriot dans sa Grammaire et son Dictionnaire du Vieux Breton.

On distingue :

Vers l’an 1000, en suivant la frontière des toponymes signifiant monastère : Mouster, Monter, Montoir (établis dans une localité à l’époque bretonnante) qui s’opposent au toponyme moutiers (établis dans une localité à l’époque de langue romane). On s’aperçoit que le breton était usité dans à peu près les trois départements du Morbihan, Finistère, Côtes-d’Armor, une petite partie d’Ille-et-Vilaine et un large Pays Guérandais en Loire-Atlantique.

  • En 1200, on parlait breton à Hénanbien et Hénansal.
  • Au XIVe siècle, le breton était parlé à l’est de Loudéac, à Plémet (en 1350 à l’occasion du jugement de canonisation de saint Yves, un interprète était originaire de cette paroisse).
  • En 1499, le chevalier allemand Arnold Von Harff met par écrit quelques phrases du breton entendues à Nantes.

Jusqu’au XIIe siècle resté le parler des élites de l’État breton, il ne fut ensuite plus que celui du peuple de Bretagne occidentale ou Basse-Bretagne (Breizh Izel…) quand successivement la noblesse, puis la bourgeoisie bretonnes se francisèrent en passant du latin au français. Pour l’écrit, le duché de Bretagne employa le latin puis le français au XVe siècle.

Voir aussi : Langue en Loire-Atlantique et Breton de Batz-sur-Mer

[modifier] Époque contemporaine

Le territoire du breton marque un recul vers l’ouest. Aujourd’hui, il est parlé et écrit à l’ouest d’une ligne reliant, grosso modo, Plouha et Vannes. À noter encore que des groupes de bretonnants existent dans toutes les grandes villes de France, ainsi qu’au Royaume-Uni et en Amérique du Nord.

On parle de :

Dans les années 1950, le breton était parlé traditionnellement dans une zone située à l’ouest d’une limite Plouha - Muzillac : On appelle cette zone la Basse Bretagne. Mais aujourd’hui, cette limite n’a plus grande valeur car de nombreux villages de Basse Bretagne ont complètement oublié le breton (comme Mur, Quiberon, Sarzeau) et, à l’inverse, on trouve fréquemment des néo-bretonnants dans de nombreuses villes de Haute-Bretagne (Saint-Brieuc, Nantes, Rennes). De plus, cette limite a constamment changé d’années en années et ne constitue donc pas un repère stable.

Par exemple, cette limite n’était pas la même en 1806. On le sait car Napoléon avait ordonné une enquête sur ce sujet qui fut menée par Charles Coquebert de Montbret. La limite linguistique était alors beaucoup plus à l’est : on parlait breton à Saint-Caradec, Questembert, Pénestin, Férel, Péaule, Bourg-de-Batz (Batz-sur-Mer) et dans une partie non définie de la presqu’île de Guérande à partir des "salines d’Herbignac", soit probablement dans la partie occidentale des communes d’Assérac et de Saint-Molf (l’étude ne portait pas sur le département de Loire-Inférieure). En 1700, par l’étude de cartes géographique, on peut remarquer que le breton était parlé à Tréveneuc, Guérande, Boquého, Plélo (encore plus à l’est). En 1600, La frontière partait de Binic.

En bref, le breton n’a fait que reculer et perdre du terrain face à la langue d’oïl (parlers gallo, puis le français). Et puis, pour relativiser cette limite, il faut également considérer que de tout temps, des grandes villes comme Saint-Brieuc, Nantes, Vannes, Brest ou Quimper connaissaient les deux langues (par exemple, en 1636, la ville de Saint-Brieuc est indiquée comme bilingue par un voyageur).

[modifier] La dernière bretonnante monolingue

Il s’agit de madame Bourdonnay, de la commune de Langonnet (Morbihan, près de Gourin) qui est décédée en 2002. Elle pouvait dire quelques phrases pour se présenter ou saluer mais ne pouvait s’exprimer réellement en français, langue étrangère pour elle.[réf. nécessaire]

[modifier] Tentatives d’éradication du breton

Icône de détail Article détaillé : Histoire linguistique de la France.

Après la réunion du duché à la France, l’Ancien Régime, faisant peu de cas des langues locales à de rares exceptions, accepta le breton comme il était : essentiellement une langue vernaculaire et utilisée pour le culte. Cependant son usage fut interdit dans l’administration, dans la ligne de l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui prescrivait l’emploi du français dans les cours de justice et les actes officiels. Encore cette interdiction fut de portée symbolique, car le duché de Bretagne avait adopté le latin puis le français comme langue administrative plus d’un siècle avant le royaume de France.

Le véritable combat commença sous la Révolution. En 1794, Barère effectue une présentation au Comité de salut public de son « rapport sur les idiomes » dans lequel il déclarait que « le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ». On cherchait alors à faire disparaître les langues autres que le français, les « langues régionales de France », dont le breton suspecté de véhiculer des idées contre-révolutionnaires lors des offices religieux.

Le 19 juillet 1925 lors de l’inauguration du pavillon de la Bretagne à l’Exposition universelle de Paris, le ministre de l’Instruction publique, Anatole de Monzie, résume sa politique : « pour l’unité linguistique de la France, la langue bretonne doit disparaître ! ».

Fin mars 1941, Joseph Barthélémy, ministre de la Justice du gouvernement de Vichy déclare : « je m’opposerai à l’enseignement de la langue bretonne dans les écoles primaires ».

En 1972, Georges Pompidou, président de la République disait encore : « il n’y a pas de place pour les langues régionales dans une France destinée à marquer l’Europe de son sceau ».

[modifier] L’influence catholique

[modifier] L’Église et la langue bretonne

Un certain nombre de catholiques bretons prirent la défense de la langue et la culture bretonne. L’Église n’a pas toujours été indifférente à la spécificité bretonne. À tout le moins peut-on dire qu’elle n’a tenté à aucun moment, dans les siècles passés de faire adopter la langue et la culture française officielle aux Bretons qui parlaient leur langue et restaient attachés à leurs traditions.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il a été publié, par les gens d’Église, quantité d’ouvrages religieux, ou même de divertissement honnête, destinés à la population des campagnes en breton.

[modifier] La position au début du XXe siècle

Au moment du conflit entre l’Église et l’État sous la Troisième République (début du XXe siècle), le clergé de l’évêché de Quimper, auquel les autorités avaient interdit de prêcher et de faire le catéchisme en breton[5], a mené pendant un certain temps un véritable combat pour la langue bretonne. Dans un port de pêche faisant à cette époque figure de petite ville, alors que le catéchisme dans cette localité se faisait en breton et en français, le catéchisme en français étant réservé aux familles bourgeoises, les prêtres de la paroisse passaient dans les familles populaires pour demander aux parents d’envoyer leurs enfants au catéchisme en breton, la tendance des couches populaires étant de s’intégrer culturellement à la classe bourgeoise dominante ; et donc d’envoyer leurs enfants au catéchisme français.

[modifier] Mouvements et publications d’inspiration chrétienne avant-guerre

Cependant, il ne s’est agi là que d’une réaction passagère du début du siècle dernier, suite au conflit entre l’Église et l’État. Pour réagir, il fallait mettre en place tout un système d’enseignement du breton. Il y eut quelques initiatives vers 1900-1914 dont le Bleun Brug créé en 1905 par l’abbé Perrot.

De nombreux mouvements d’inspiration chrétienne de défense de la langue bretonne, se sont fait jour en Bretagne occidentale :

  • Dans le Trégor, par exemple, sont parus pendant longtemps des hebdomadaires populaires entièrement rédigés en breton et inspirés par l’Église, plus ou moins directement :
  • Au pays de Vannes, l’évêché, bien qu’il y ait eu des publications chrétiennes en breton publiées par la librairie Galles-Lafolye (dont la revue Brediah er Fé), n’était pas intervenu pour créer ou soutenir un mouvement bretonnant d’inspiration catholique au début du siècle dernier, les manifestations bretonnes dans cette région étant organisées sous la responsabilité du "Bleun-Brug" du diocèse de Quimper.

Il faut citer aussi les ouvrages catholiques en langue bretonne et destinés aux fidèles. Ainsi les nombreux livres de cantiques et missels qui ont permis la conservation de cantiques anciens. Un des exemples les plus célèbres fut le livre Buez ar Zent (La Vie des Saints) écrit par le chanoine Morvan à la fin du XIXe siècle, qui décrit en breton et parfois de manière très romancée la vie des saints en suivant le calendrier catholique. Écrit en breton cornouaillais, ce livre était lu chaque jour dans toute la Bretagne bretonnante.

[modifier] Mouvements et revues d’inspiration chrétienne après-guerre

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les revues catholiques populaires en breton répandues en Léon et Cornouaille disparurent :

Lesquelles furent remplacées pendant un certain temps par :

Dans les années 1960-70, seront publiée :

  • une revue d’inspiration chrétienne pour les enfants Wanig ha Wenig, au début sous la responsabilité de l’abbé Armand Le Calvez et de l’abbé Youenn Troal
  • la revue Ar C'hrist d'an Indianed, (Le Christ aux Indiens), inspirée surtout par l’expérience missionnaire de l’abbé Youenn Troal sous l’égide du "Fidei Donum" au Pérou ; cette revue parut au cours des années 1960. La revue Imbourc'h publia le journal de son second séjour parmi les Amérindiens à la fin des années 1980. À son retour, il fut recteur de Plounéour-Ménez, dans la région de Morlaix, et fit paraître à cette époque des textes d’inspiration religieuse dans la revue Ar Fulenn (L’Étincelle) dirigée par lui.
  • la revue d’étude mensuelle Imbourc'h, liée à une initiative laïque, qui paraît régulièrement depuis 1969, et qui a publié un grand nombre d’œuvres religieuses, comme la traduction des Confessions de saint Augustin ou des écrits autobiographiques de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, ainsi qu’une version en breton du Bréviaire Romain, en une dizaine de volumes.

[modifier] Ouvrages liturgiques en breton

Plusieurs religieux bretons étaient en contact avec l’École biblique et archéologique française de Jérusalem et en avaient suivi les cours, avaient appris l’hébreu et formeront des groupes de travail bibliques. Ces prêtres se feront remarquer par des travaux de recherches et de traduction de la Bible qu’ils traduiront directement en breton à partir du texte original en hébreu ou du grec en breton pour le Nouveau Testament. La personnalité la plus éminente de ces groupes de travail était l’Abbé Loeiz Ar Floc'h. Il faut citer aussi l’abbé Guilherm Dubourg, l’abbé Job Lec'hvien, l’abbé Pipi Gall. Ces deux derniers fondèrent les Editions An Tour Tan à Kergrist-Moëlou.

Parmi les activités inspirées par la foi et s’exprimant en breton, il faut signaler :

  • les retraites prêchées par l’abbé Loeiz Ar Floc'h, ainsi les "carêmes" qui furent également prêchés plusieurs fois de suite en breton au cours des années 60-70, dans une des paroisses de la ville de Brest.
  • "Kenvreuriezh ar brezhoneg" ("Confrérie du Breton"), association fondée au séminaire de Quimper après la dernière guerre, et dirigée pendant un certain temps par Mgr Favé, a publié des versions en breton de divers textes liturgiques, destinés plus spécialement au diocèse de Quimper ; certains membres de cette association ont publié récemment une nouvelle traduction en breton du Nouveau Testament, destinée elle aussi, plus spécialement au diocèse de Quimper. La "Kenvreuriezh ar Brezhoneg" avait d’ailleurs une sorte d’existence officielle au diocèse de Quimper.

Jusque récemment, il n’existait aucune œuvre bretonnante soutenue officiellement par aucun des évêchés bretons, sauf le centre de rencontre bretonnant de Minihi-Trelevenez, dirigé par l’abbé Job Irien, qui publie un bulletin ainsi que des traductions de textes liturgiques, particulièrement une partie de la "Prière du Temps Présent". Cependant l’ensemble des activités des bretonnants catholiques du diocèse de Quimper même soutenues par la hiérarchie, se situe actuellement au niveau d’une élite.

Depuis l’année 2000 il existe une commission permanente mise en place par les trois évêchés de la Bretagne occidentale pour établir de nouveaux textes liturgiques et un Missel à l’usage de ces trois évêchés ; cette initiative des évêques de la Bretagne occidentale répond à la demande formulée par Rome de présenter une version unique du Missel pour les trois évêchés, la version antérieure ayant été établie uniquement pour le diocèse de Quimper.

[modifier] Histoire de l’Enseignement du breton

Enseignement à Rennes
Icône de détail Article détaillé : Enseignement du breton.

Au milieu du XIXe siècle, selon François Vallée, il existait des écoles privées chrétiennes qui, entre autres choses, apprenaient à lire en breton et en latin, et enseignaient quelques rudiments de français littéraire. Un certain nombre d’évêques, également au XIXe siècle, en Basse-Bretagne, Mgr Graverand en particulier, ont essayé d’organiser un enseignement du breton et de l’histoire de la Bretagne, parfois en breton, comme le montre l’histoire de Bretagne en breton rédigée par Anna Mezmeur, religieuse de la congrégation du Saint-Esprit.

[modifier] Les politiques anti-breton de l’Après-Révolution

En 1793, l’abbé Grégoire rédige pour la Convention un rapport intitulé « Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir le patois et d’universaliser l’usage de la langue française ». Il se justifie en expliquant que « notre langue et nos cœurs doivent battre à l’unisson ».

Une politique linguistique impérialiste est alors mise en place. Les lois, les actes administratifs, les œuvres culturelles, les journaux, les écrits savants seront désormais en français. On tente également de valoriser la langue française tout en dévalorisant les autres « idiomes ».

Dans un rapport à la Convention daté de 1794, Barère affirme que le français est « la plus belle langue d’Europe » alors que « le fédéralisme et la superstition parlent le bas-breton, l’émigration et la haine de la République parlent allemand, la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle le basque ». Il propose de « [briser] ces instruments de dommage et d’erreurs ».

C’est l’école qui va être chargée de propager l’idéologie nouvelle en même temps que la langue française.

Le 21 octobre 1793, une loi institue des écoles primaires d’État où les élèves apprennent le français. Le 26 octobre, par décret, la Convention décide que « le français sera seul en usage à l’école ». Le 27 janvier 1794, un décret ordonne la nomination, dans chaque commune où on ne parle pas français, d’un instituteur francophone. Mais devant les difficultés de trouver des instituteurs parlant français, la Convention devra revenir sur ces textes d’application difficile.

[modifier] Politique scolaire contre le breton, sous la IIIe République

Sous la IIIe République, les pouvoirs publics désirent assurer l’unité française et faciliter la promotion sociale au sein de la Nation. Pour ces raisons, les responsables de l’enseignement public commencent à proscrire l’usage de tous patois ou parlers régionaux à l’école. À partir du milieu du XIXe siècle, le pouvoir central réprime les langues dites régionales et les présente comme arriérées, rétrogrades, et facteurs de frein au progrès. À partir de la fin du XIXe, ces langues sont interdites dans l’enseignement, au grand dam d’une partie du corps enseignant qui se demande comment enseigner dans de telles conditions à des élèves non francophones.

[modifier] Le français contre le breton ?

Ainsi en 1902, le ministère Combes promulgue par décret l’interdiction de « l’usage abusif du breton. »

Les écoles religieuses suivent rapidement et le breton n’est plus enseigné à partir du début du XXe siècle mais continue à être transmis de génération en génération par voie orale.

Il faut noter quelques initiatives particulières tendant à promouvoir un certain enseignement de la langue bretonne dans les Écoles chrétiennes, depuis celle du Frère Constantius au début du siècle, au pays de Léon principalement, jusqu’à celle du frère Seité, après la dernière guerre.

La politique scolaire contre le breton date de la fin du XIXe siècle. Elle utilise alors deux méthodes :

  • d’une part, le breton n’est absolument plus enseigné à l’école,
  • d’autre part, le français doit être la seule langue utilisée dans les écoles républicaines, y compris dans les cours de récréation. Comme les autres locuteurs des langues parlées en France et dans les possessions françaises d’Outre-Mer, les élèves bretonnants subissent des persécutions officielles au moyen notamment de pratiques humiliantes. Ainsi se répand la pratique du symbole, petit objet qui passe au cou d’élève à élève pendant la récréation à chaque fois que l’un d’entre eux parle breton, avec une punition pour le dernier élève à l’avoir.

Certains pensent que la politique française vise à imposer pour des motifs idéologiques la langue française comme langue unique de la République (« je ne veux voir qu’une seule tête, n’entendre qu’une seule langue »). Pour illustrer la vigueur de cette politique, ils s’appuient sur une phrase qui aurait été longtemps affichée dans certaines écoles primaires : « Il est interdit de cracher par terre et de parler breton », phrase qui associe deux interdictions de nature différente, une liée à l’hygiène et une à l’emploi de la langue, illustrant bien la politique d’amalgame et de dévalorisation employée pour parvenir à éradiquer le breton en Bretagne. Or à ce jour aucune affiche de ce type n'a été mise au jour et les exemplaires étudiés se sont avérés être des montages récents.

Ainsi, récemment il a été affirmé que le "Musée Rural de l’Éducation de Bothoa" à Saint-Nicolas-du-Pélem dans les Côtes-d'Armor possédait une telle affiche or après enquête ce musée ne possède aucune affiche portant une telle mention[6]. Fañch Broudig qui a mené une étude sur le sujet a conclu à un faux pour un autre cas impliquant le Musée de l'Ecole Rurale de Trégarvan[7]:

« Autant le principe édicté en 1897 par l’Inspecteur d’Académie du Finistère, Dosimont, selon lequel pas un mot de breton ne devait être prononcé ni en classe ni dans les cours de récréation est couramment référencé, autant il est difficile de retrouver trace de l’interdiction « de cracher par terre et de parler breton » (…) Sous réserve d’inventaire complémentaire, il faut considérer que la phrase que l’on brandit désormais comme un contre-slogan est, historiquement, une extrapolation. »

Toutefois, il convient de noter que le ministère de l’Éducation appliqua une politique de répression des langues régionales au travers de diverses directives[8]. Le même auteur cite, en outre, le Règlement pour les écoles primaires élémentaires de l’arrondissement de Lorient, adopté et arrêté par le Comité supérieur de l’arrondissement en 1836 et approuvé par le recteur en 1842, qui dispose : « Art. 21. Il est défendu aux élèves de parler breton, même pendant la récréation et de proférer aucune parole grossière. Aucun livre breton ne devra être admis ni toléré. » Là encore, s’exprimer en breton et parler « grossièrement » font l’objet de la même prohibition[9].

Toutefois cette politique eut peu de succès et n'entama pas l'utilisation du breton. Paradoxalement, alors que les restrictions à l'utilisation et l'enseignement des langues régionales disparurent, c'est dans les années 50 que l'abandon du breton s'est développé en Basse-Bretagne :

« Dans le cas de la Basse-Bretagne, le changement de langue n'a pu se faire en particulier que parce qu'un profond mouvement d'opinion s'est, à un moment donné, prononcé dans ce sens. Le pouvoir d'Etat, à lui seul, ne pouvait l'imposer : les violentes réactions provoquées par les décisions d'Emile Combes en 1902 le prouvent d'abondance. A peine 50 ans plus tard, la jeunesse féminine opte ostensiblement pour le français et les familles décident de ne plus élever leurs enfants en breton : aucune injonction ne leur avait été adressée en ce sens [10]. »

Selon l'auteur, c'est en définitive le désir de modernité et de changements économiques qui a conduit à l'adoption volontaire du français. Ce remplacement de langue sur quelques décennies, en favorisant les échanges, a eu pour effet de stimuler l'économie de la Bretagne et a profondément changé la société[11].

[modifier] L’émergence d’un enseignement du breton

Régulièrement, des voix s’élèveront en faveur d’un multiculturalisme et d’un respect des autres cultures mais elles resteront minoritaires. En particulier, de grandes pétitions (Er Brezhoneg er skol dans les années 1930, la grande pétition populaire d’Emgleo Breiz en 1967) et des manifestations régulières demanderont l’enseignement du breton.

Yann Kerlann organise l’enseignement du breton à l’école publique de Plestin-les-Grèves en novembre 1942, non loin de Lannion, définitivement interrompu en 1944. Cette école est dirigée par Yann Kerlann qui après la mort de Yann Sohier a été le responsable d’Ar Falz, mouvement qui regroupait les instituteurs publics partisans de l’enseignement du breton.

En avril 1945, le Conseil de la faculté des lettres de Rennes émet un vœu en faveur de l’admission du breton à l’oral du baccalauréat. : « Les signataires tiennent à affirmer le loyal attachement à la France de tous les Bretons, attachement que garantiraient, s’il en était besoin, les quatre années de résistance acharnée soutenue par la Bretagne contre l’Allemagne et l’échec retentissant infligé aux tentatives de division des complices de l’ennemi. ». En 1945, Ar Falz propose de reprendre aux laïques de Bretagne la pétition interrompue par la guerre, en faveur de l’enseignement de la langue bretonne.

Dans les années 1940 et 1950, l’administration répond timidement par des mesures symboliques (« autorisation » d’enseigner les langues régionales quelques heures…) mais en pratique elles sont suivi de peu d’effets.

En 1951, est votée la loi Deixonne autorisant l’organisation de cours facultatifs pour quatre langues « locales », dont le breton. Mais l’impact en est réduit, non seulement en raison des dispositions limitées de la loi elle-même et de l’absence de décrets d’application (qui ne paraîtront que 30 ans plus tard), mais également à cause de l’application restrictive qui en est faite. De fait, même si l’enseignement était autorisé dans certaines conditions, il n’était possible presque nulle part. Et aucun enseignant n’étant formé, aucun diplôme n’existant, quasiment personne ne pouvait en assurer l’enseignement.

L’abbé Armand Le Calvez (revue d’étude pédagogique intitulée Skol) est le fondateur et le directeur de la première école entièrement en breton, une école catholique, Skol Sant-Erwan (école Saint-Yves), qui dura trois années, entre 1958 et 1961, à Plouezec, entre Saint-Brieuc et Paimpol. L’abbé dut renoncer à son entreprise à la suite des nouvelles lois qui réglaient les rapports des écoles privées et de l’État à partir de 1962 : ces lois ne lui laissaient plus la liberté de choisir son programme d’enseignement.

Cette politique, utilisée aussi au sein de l’armée, s’est poursuivie jusque dans les années 1960. Peu de bretonnants s’en inquiètent, persuadés que le breton n’est pas l’avenir pour leurs enfants ou, au mieux, que ceux-ci l’apprendront par le fait de vivre dans un milieu bretonnant. Mais dans les années 1950-70, les enfants exclusivement bretonnants se sont raréfiés, ils sont soit bilingues français-breton soit monolingues français. Puis le bilinguisme s’est progressivement éteint chez les enfants, et au début des années 1980, le pourcentage d’élèves parlant breton au début de leur scolarisation est marginal. Le breton est alors quasi-exclusivement parlé par des adultes qui très rarement savent l’écrire.

[modifier] Diwan, et le changement des années 1980

Signalisation bilingue dans les rues de Quimper

C’est au vu de cette situation qui rendait impossible l’enseignement du breton que furent créées en 1977, les écoles Diwan (le germe), qui pratiquent la méthode par immersion pour l’apprentissage du breton. Voir encore l’article Controverses sur le breton

En 1982, une circulaire Savary ouvre la possibilité d’une filière de classes bilingues dans l’enseignement. Se mettent alors en place des classes bilingues breton/français dans l’enseignement public à partir de 1983, et dans l’enseignement catholique à partir de 1990.

Les parents de ces élèves bilingues sont regroupés dans deux associations : Div Yezh (deux langues) créée en 1979 pour les écoles publiques, et Dihun (éveil) pour les écoles catholiques (1990 : Dihun-56 ; 1993 : Dihun Penn-ar-Bed et Dihun-Breizh).

À la rentrée scolaire 2008, les effectifs affichés par ces écoles (chiffre du rectorat de Bretagne administrative [12]), tous niveaux confondus, sont de 11 890 au total :

  • Le premier degré des écoles Diwan rassemble 1 925 élèves, le second degré 887, soit un total de 2812.
  • Le premier degré des écoles publiques (Div Yezh) rassemble 4 303 élèves, le second degré 541, soit un total de 4844.
  • Le premier degré des écoles catholiques (Dihun) rassemble 3 736, le second degré 498, soit un total de 4 234.

Les chiffres globaux (Bretagne histoirque et Paris) donnés par l'Office de la langue bretonne donnent des effectifs affichés par ces écoles, tous niveaux confondus, de 12 333 au total[13] :

  • 3 076 dans les écoles Diwan [14]
  • 5 016 élèves dans les classes bilingues des écoles publiques (Div Yezh)[15]
  • 4 241 élèves dans les classes bilingues des écoles catholiques (Dihun)

[modifier] Opposition actuelle à l’enseignement du breton

C’est, selon les partisans de l’enseignement de la langue bretonne, généralement :

  • le refus d’ouvrir de nouvelles classes bilingues, dans les écoles publiques, d’assurer la continuité de l’enseignement du breton dans les collèges ou lycées, ou d’assurer l’enseignement du breton comme deuxième langue vivante (légalement possible, pratiquement inexistante) ou comme troisième langue ;
  • l’interdiction aux élèves étudiant le breton de choisir certaines options (langues ou Sciences Économiques et Sociales, filière S) dans certains établissements, comme le lycée Zola à Rennes ;
  • les propositions répétées de regroupement des classes de breton en un seul établissement ;
  • la mutation des professeurs de breton malgré la signature d’un accord l’interdisant ;
  • le remplacement de professeurs par des cours par visioconférence, à l’efficacité douteuse ;
  • la diminution du nombre de postes ouverts au concours du CAPES (concours d’enseignement) de breton.

C’est aussi les pressions de cercles qui se présentent comme "libres-penseurs", de groupes politiques, de personnalités médiatico-culturelles pour demander soit la fermeture des écoles Diwan comme à Saint-Nazaire ou Nantes, soit la suppression de l’enseignement du breton à l’Université, comme à Rennes et Nantes, soit la fin des subventions aux éditeurs en langue bretonne.[réf. nécessaire]

[modifier] Situation du breton

Dans ce contexte, le breton est en voie de disparition rapide. Au début du XXe siècle, la moitié de la population de Basse-Bretagne ne connaissait que le breton, l’autre moitié étant bilingue breton-français.

Une partie des bretonnants passera au français dans les années 1930 pour plusieurs raisons :

  • Le français leur permet de communiquer entre eux : les différences entre les dialectes bretons ne permettent de se comprendre d’une région bretonnante à une autre qu’à condition d’avoir une connaissance du standard écrit. Le breton oral sert alors à s’exprimer avec ses proches, et le français est utilisé pour la communication plus formelle.
  • C’était le moyen de communiquer avec les autres Français suite au brassage national accéléré par la Première Guerre mondiale.
  • C’est la conséquence de la politique linguistique de la IIIe République. Les bretonnants ne transmettront plus à leurs enfants la langue bretonne. Cette rupture, commencée avant guerre, se développera spectaculairement dans les années cinquante.

Mais la transmission naturelle de la langue n’a jamais entièrement disparu : elle a suivi une courbe asymptotique. D’où l’intérêt de certains à recueillir des témoignages écrits, enregistrés ou filmés, afin de garder ce patrimoine culturel.

Le passage au français sera plus rapide et plus définitif pour les citadins que dans le monde rural, du fait d’un environnement francophone plus présent (administration, école, journaux, etc.) et historique.

Le reste des bretonnants, après la Seconde Guerre mondiale, passera au français pour plusieurs raisons :

  • L’idée que les opportunités de travail et la promotion sociale (par ex. pour les emplois administratifs et militaires) passent par la maîtrise du français.
  • Le chemin de fer a considérablement augmenté les brassages de population (venue de touristes, exode rural vers les villes) ; avec la généralisation des congés payés, on assiste, notamment en été, au retour des émigrés de deuxième génération (nés hors de Bretagne) qui ne parlent plus breton ou le parlent mal.
  • Dans le contexte de la mondialisation en tant que brassage des peuples, l’apparition d’une langue dédiée aux échanges tend à faire disparaître les langues moins usitées. Ce fait est beaucoup plus récent que les raisons précédentes (il commence après la Seconde Guerre mondiale) mais il accentue le déclin du breton au profit du français, langue de communication de la République française avant d’en être la langue constitutionnelle (1992).

Ils n’étaient plus que 100 000 monolingues bretons en 1950[réf. nécessaire], leur nombre est quasi-nul depuis les années 1980[réf. nécessaire]. Environ 1 300 000 personnes parlaient breton en 1930[réf. nécessaire] ; aujourd’hui, le breton est encore parlé et compris par environ 250 000 à 350 000 personnes, essentiellement des personnes âgées (64 % des locuteurs ont plus de 60 ans). L’UNESCO classe le breton parmi les langues gravement menacées. Dans son livre Qui parle breton aujourd'hui ? (voir bibliographie), Fañch Broudic analyse l’enquête de TMO réalisée en 1997 ; à cette date, il y avait très précisément 0,2 % de jeunes de 15 à 19 ans capables de parler breton, soit moins de cinq cents personnes.

[modifier] Renouveau de la langue bretonne

En 1805, l’Académie Celtique est fondée par Napoléon Ier, c’est la première association étudiant la langue et la culture bretonnes. Le président est Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne.

En 1807, Jean-François Le Gonidec publie une Grammaire celto-bretonne dans laquelle il réforme l’orthographe du breton, puis en 1821 un Dictionnaire celto-breton.

En 1839, Villemarqué publie le Barzaz Breiz, recueil de chants traditionnels en breton, présentant une « Histoire poétique de la Bretagne ». On sait aujourd’hui que certains des textes collectés ont été revus et modifiés par l’auteur, comme le faisaient les auteurs de contes populaires tels Charles Perrault et Grimm, et certains autres textes ont été entièrement composés par lui. C’est de son œuvre que date le renouveau littéraire breton. En 1864, Charles de Gaulle, grand-oncle du futur Général de Gaulle lance son "Appel aux Celtes" pour le renaissance littéraire et linguistique de la Bretagne et des pays celtes frères.

À partir de 1925, grâce aux efforts du professeur Roparz Hemon, lançant le second Emzav (Mouvement Breton), la revue Gwalarn a vu le jour. Au cours de ses dix-neuf années d’existence, elle a tenté d’élever cette langue au niveau des autres grandes langues « internationales » en créant des œuvres originales couvrant tous les genres et en proposant des traductions du patrimoine littéraire de l’Humanité.

Cependant, l’œuvre d’Hémon suscite de nombreuses controverses politiques suite à sa collaboration avec les nazis.

En 1946, ce fut Al Liamm qui prit la suite de Gwalarn. D’autres revues existent et font de la langue bretonne une langue à littérature plutôt fournie pour une langue minoritaire. Skol Vreizh, Emgleo Breiz, Al Lanv, Ar Skol Vrezoneg, Mouladurioù Hor Yezh, An Here, Evit ar brezhoneg et d’autres encore.

La « Spilhennig » (« la petite épingle »), la nouvelle marque de reconnaissance des brittophones.

En 1999 est fondé l'Office de la langue bretonne (Ofis ar Brezhoneg en breton), association chargée de promouvoir le breton dans tous les domaines de la vie sociale et publique. Une de ses principales activités consiste à proposer et diffuser le vocabulaire breton adapté à la vie contemporaine. Elle est à l'origine de la création du logo "spilhennig"[16] et de la charte « Ya d’ar brezhoneg » ("Oui au breton") qui vise à promouvoir l'emploi du breton dans les organismes et les entreprises.

Le 17 décembre 2004, le conseil régional de Bretagne reconnaît officiellement et à l’unanimité le breton et le gallo comme « langues de la Bretagne, au côté de la langue française ». Par ce vote, la région « s'engage, en recherchant la plus large association de ses partenaires, et en particulier des cinq départements bretons [les 4 départements de la Bretagne administrative et la Loire-Atlantique], afin de permettre la pérennisation de la langue et de la culture bretonnes ». La région envisage la formation de 150 enseignants par an, et espère atteindre 20 000 élèves dans les filières bilingues en 2010. Elle demande de nouveau à la France de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

[modifier] État actuel du breton

Certains poètes, linguistes et écrivains d’expression bretonne possèdent maintenant une renommée internationale, tels Yann-Ber Kalloc'h, Anjela Duval, Pierre-Jakez Hélias. Ces trois écrivains sont quelques-uns des écrivains bretonnants du XXe siècle à avoir eu le breton comme langue maternelle.

La langue bretonne est aujourd’hui la seule langue celtique à ne disposer d’aucun statut car la République française :

Voir l’article spécialisé sur le sujet : Politique linguistique de la France.

Chaque année, des rassemblements de plusieurs milliers de personnes demandent l’abrogation de cette loi unique en Europe et la ratification de la Charte européenne.

Dernièrement[réf. nécessaire], l’association des écoles Diwan a déposé une plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir des autorités publiques qu’elles respectent les droits linguistiques de la population bretonne.

Actuellement on assiste à des tentatives de déstabilisation de l’enseignement du breton[réf. nécessaire] dans les rares établissements où cet enseignement existe dans l’Éducation nationale : remplacement des cours par des audio conférences, enseignants bilingues remplacés par des monolingues, refus d’ouverture de nouvelles classes bilingues pour assurer la continuité, déménagements prévus des sections bilingues… Mais la majorité des établissements scolaires ignorent totalement l’existence de la langue bretonne[réf. nécessaire].

Voir aussi : Signalisation bilingue en breton

[modifier] Histoire du recensement lexical breton

Le premier dictionnaire breton, le Catholicon, se trouve être aussi le premier dictionnaire du français. Il a été rédigé par Jehan Lagadec en 1464 et publié en 1499 ou avant. C’est un ouvrage trilingue breton-français-latin.

Les recensements suivants eurent lieu deux siècles plus tard par :

Une date importante a été celle du Dictionnaire Celto-Breton de Le Gonidec (1821), augmenté par La Villemarqué vers 1847 : pour la première fois, certains mots se rapprochant du français sont systématiquement écartés, et des mots gallois, ou de vieux breton, sont incorporés au lexique sans plus de précision (cf. Controverses sur le breton).

Le colonel Troude sera plus réaliste, en 1886, en ne retenant que des mots entendus réellement (ou sinon en indiquant que le terme n’est plus en usage). Par contre, le bannissement du lexique breton d’origine latine continue. Il faut cependant remarquer que cela résulte d’un état d’esprit de l’époque, dans lequel le breton est une langue secondaire dans la Basse-Bretagne, complémentaire au français : ces dictionnaires ne prétendent pas présenter une langue universelle, mais surtout recueillir des mots originaux.

Ce « purisme celtique », expression utilisée par les détracteurs de cette attitude, sera plus ou moins général jusqu’aux années 1990, à l’exception notable du dictionnaire que Émile Ernault constitue pour le vannetais en 1904.

  • "Vocabulaire breton-français" de Émile Ernault, 1927
  • Côté KLT mais incorporant de nombreux termes vannetais, le Grand dictionnaire français-breton de François Vallée, aidé de René Le Roux (Meven Mordiern) et Émile Ernault, en 1931, incorpore de nombreux néologismes en première publication. L’entreprise de François Vallée, ayant tout un réseau d’informateurs à travers la Bretagne, permettra de recueillir en outre dans les dialectes de nombreux mots et expressions inédits. Il s’agit du premier exemple d’un travail d’équipe en lexicographie bretonne, et reste, à ce jour le plus important et le plus riche dictionnaire français-breton, avec celui de René Le Gléau.

Parallèlement, Pierre Le Roux travaille à un Atlas linguistique de la Basse Bretagne, paraissant à partir 1924, mais ne se focalisant que sur les variantes des vocables les plus communs.

L’après-Seconde Guerre mondiale est une période douloureuse pour la culture bretonne : le mouvement nationaliste breton, pour avoir collaboré avec les occupants nazis, se trouve discrédité aussi bien en France qu’en Bretagne. Paraîtront depuis cette époque, entre autres :

  • Les Nouveau dictionnaire Français-Breton, puis Breton-Français de Roparz Hemon, 1970,
  • "Dictionnaire historique du breton" de Roparz Hemon, 36 tomes et 3 232 pages. Donne la première occurrence lexicale dans le contexte,
  • Le Dictionnaire breton des Éditions Garnier, sous la direction de Pierre-Jakez Hélias, 1986,
  • "Dictionnaire classique français-breton" de René Le Gléau, 1983-1994, 10 tomes et 4 064 pages, surtout basé sur la production écrite entre 1850 et 1950, avec, en outre, des mots recueillis dans sa région natale de Saint-Renan, ou à l’écoute de la radio.

Enfin, à partir de 1992 paraît le Geriadur ar Brezhoneg a-vremañ (Dictionnaire du breton contemporain) de Francis Favereau aux éditions Skol Vreizh, sous forme papier et CD-ROM. Cet ouvrage ne rejette pas systématiquement les mots rares ou sortis de l’usage, mais les signale par un signe « - », ou les néologismes, signalés par des guillemets ; il reprend un bon nombre des termes issus des dictionnaires précédents, ainsi les mots d’origine française du Catholicon par exemple ou issus d’autres ouvrages, et les emprunts populaires (ce sont quelquefois les mêmes). Ce dictionnaire est le fruit de vingt années de travail et de collectage dans le Poher et autour de Poullaouen particulièrement, aire où portait la thèse de l’auteur, soutenue avant qu’il ne se décide à publier son dictionnaire.

Francis Favereau a produit l'un des dictionnaires bretons les plus complets jamais créés, avec pas moins de 50 000 entrées et le double de mots composés. Malgré le manque de soutien financier pour sa création, le dictionnaire s’est tout de même bien vendu et a eu plusieurs réimpressions. Une réédition est en vue, et son contenu devrait augmenter de 25 % par rapport à l’édition actuelle.

Aujourd’hui, d’autres dictionnaires bilingues anglais / breton, allemand / breton, espagnol / breton... montrent bien la volonté de la nouvelle génération de bretonnants d’inscrire la langue dans le paysage linguistique international. Tous ces travaux se font quasiment de façon bénévole.

Chose nouvelle pour la langue bretonne, il est paru deux dictionnaires unilingues édités par An Here, le Geriadur brezhoneg (13 000 entrées) paru en 1995 sous la direction de Jean-Yves Lagadeg et Martial Ménard et le Geriadur Brezhoneg An Here (21 300 entrées) paru en 2002 sous la direction de Martial Ménard et Iwan Kadoret. Ils visent à extraire des textes littéraires reflétant ou non un langage populaire, les termes de la langue écrite et orale contemporaine. Ce dictionnaire sera l’objet d’une polémique : affaire du dictionnaire breton, de la part du journal Le Canard enchaîné. Ils incluent un certain nombre de néologismes (parfois empruntés au gallois mais le plus souvent créés à partir des racines du vieux-breton, voir Controverses sur le breton).

De même, l'Office de la langue bretonne et des éditeurs (Preder, TES) publient des dictionnaires plurilingues spécialisés par domaine : psychanalyse, économie[17], etc. Les mots proposés sont en général des néologismes dont c’est la première apparition sur papier, ou des mots qui ne sont connus que d’une centaine de locuteurs ; là réside leur intérêt : faire découvrir des néologismes et étendre le champ lexical du breton à des domaines où il est traditionnellement peu présent.

Par ailleurs les éditions Sav-Heol ont publié en 2004 un lexique bilingue de locutions et tournures populaires sous le titre Teurel Blaz war ar Yezh.

En 2001 et 2005 paraîtront successivement une "initiation au breton familier et argotique" puis une nouvelle collecte lexicale nommée Tammoù Gwaskin "Au cœur du breton légitime" par Jean-Yves Plourin, aux éditions