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Europe

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Pour les articles homonymes, voir Europe (homonymie). Page d'aide sur l'homonymie

Europe

Localisation de l'Europe

Superficie 10 392 855 km² (7 %)
Population 733 000 000 hab.
Densité 71 hab./km²
Pays 44
Dépendances 2
Principales langues allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais, portugais, roumain, russe
Fuseaux horaires UTC-1 (Açores)
UTC+5 (Russie)
Plus grandes villes Moscou, Londres, Saint-Pétersbourg, Berlin, Madrid, Rome, Paris, Bucarest
Portail Portail Europe

L’Europe est considérée comme un continent ou une partie de l’Eurasie (péninsule occidentale), voire de l’Eurafrasie, selon le point de vue. Elle est parfois qualifiée de « Vieux Continent » (ou d’« Ancien Monde »), par opposition au « Nouveau Monde » (Amérique).

Sommaire

[modifier] Étymologies

carte de la Thrace antique, indiquant la province d’Europe)

Dans la mythologie grecque, Europe, fille d’Agénor (Εὐρώπη en grec, Eurṓpē) est une princesse phénicienne qui fut enlevée et séduite par Zeus métamorphosé en taureau blanc, et emmenée sur l’île de Crète où elle donna naissance à Minos. Dans les œuvres d’Homère, Εὐρώπη est une reine mythologique de Crète et non un terme géographique. Plus tard, le mot signifiait la Grèce continentale et depuis l'année -500 sa signification comprend toutes les terres au Nord.

Au Ier siècle av. J.-C., Varron[1] évoque une bipartition du monde au niveau du Bosphore, les parties situées au nord-ouest du détroit constituant l’Europe, celles situées au sud-est, l’Asie.

Au IVe siècle apr. J.-C., le mot Europe désigne l’une des six provinces du diocèse de Thrace, et son territoire correspond approximativement à celui de la Thrace orientale turque actuelle.

L’analyse la plus répandue de ce mot le considère comme une composition des mots grecs eurýs (εὐρύς, « large ») et ṓps (ὤψ, « visage »), et plus précisément comme un doublet du nom féminin Eurōpē («aux grands yeux»), une ancienne désignation de la Terre. L’interprétation du mot par le sémitique ereb, qui signifie « coucher du soleil » (donc occident) n’est aujourd'hui plus retenue.[réf. nécessaire] Dans une perspective asiatique ou moyen-orientale, le soleil se couche en Europe, la terre à l’ouest. Et selon la mythologie, la princesse phénicienne (donc sémitique) de Tyr est emmenée par Zeus vers le couchant.

Selon John Hale, le mot Europe existait déjà avant le XVIe siècle pour désigner un continent distinct de l’Afrique et de l’Asie, mais il n’était connu que des lettrés. L’utilisation du mot par les habitants de l’Europe ne s'est généralisée qu’à partir du XVIe siècle, c’est-à-dire lorsque la Renaissance était déjà bien engagée.

[modifier] Géographie de l’Europe

Icône de détail Article détaillé : Géographie de l'Europe.

Les limites terrestres de l'Europe ont toujours été un peu floues dans leur partie Est car il n'existe pas de limite clairement définie, de relief, ou de mer venant clairement scinder l'Eurasie. De plus, il ne faut pas confondre les notions d'Europe géographique et territoriale d'une part, de celle de zone d'influence de la culture occidentale d'autre part, ces notions étant surtout politiques (certains pensent d'ailleurs à ce propos qu'à l'instar du Commonwealth Britannique, l'Union Européenne pourrait être définie selon l'étendue de la culture euro-occidentale à travers le monde).

Dans la vision purement géographique, l'Europe est usuellement séparée de l'Asie à l'est par le massif de l'Oural et le fleuve Oural. Au sud-est, la mer Caspienne, le massif du Caucase, le détroit du Bosphore la séparent du Proche-Orient. Au sud et sud-ouest, la Méditerranée et le détroit de Gibraltar séparent l'Europe de l'Afrique. Le continent est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique et au nord par l'Arctique. Sont considérées européennes l'Islande (située géologiquement sur la séparation Europe-Amérique), et les principales îles de la Méditerranée ; le cas de Chypre est toutefois particulièrement sujet à débat, à la fois sur les plans géographique, culturel, politique et historique.

Les cas de la Russie et de la Turquie sont emblématiques du hiatus géographico-politique. Ces deux nations ayant la plus grande partie de leur territoire en Asie (Russie), et Moyen-Orient (Turquie), le plan politique ne recoupe pas le « plan » géographique premier. Ainsi, si la Russie est occidentale par sa culture, son histoire et une part de son territoire, son centre de gravité fait d'elle un quasi-continent, s'étendant du Pacifique jusque dans l'Europe. Le cas est plus complexe pour la Turquie, celle-ci possédant la majeure partie de son territoire au Moyen-Orient, et possédant par l'histoire une culture mixte entre la culture occidentale et moyen-orientale.

Une citation célèbre de Paul Valéry résume bien l'ambigüité de la délimitation stricte des frontières est et sud-est de l'Europe, puisqu'il décrit l'Europe comme le « Petit cap du continent asiatique ». Par ailleurs, il a proposé sa propre définition de l'Europe : ce serait l'ensemble des régions ayant subi la triple influence :

  • de l'hellénisme (philosophie, raison, république et démocratie, art et technique, science, humanisme) ;
  • de la romanité (latin, importance du droit, rapport essentiel aux textes et à l'écriture, gestion administrative des territoires, impérialisme expansif) ;
  • du christianisme (monothéisme, valeurs morales de pardon et d'amour de son prochain, missionarisme moral expansif) ;

le tout formant depuis la Renaissance le fond culturel commun de la philosophie Humaniste Européenne.

Quelques îles de l'Atlantique (Madère, Canaries, Açores) que la géographie ne rattache pas à ce continent sont considérées comme européennes par l'origine de leur peuplement et de leur culture. C'est aussi le cas du Groenland, qui appartient au Danemark. Certains anciennes puissances coloniales d'Europe occidentale ont conservé quelques territoires en dehors du continent dont les habitants sont européens, et intégrés à différents niveaux au sein de l'Union Européenne, comme par exemple les départements et territoires d'outre-mer pour la France.

L'Europe a une superficie d'un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés, précisément 10 392 855 km². Cela représente un tiers de l'Afrique ou un quart de l'Asie ou de l'Amérique.

On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : Europe de l'Ouest, Europe centrale, Europe du Sud, Europe de l'Est et Europe du Nord. L'organisation de l'espace montre un cœur économique, la « banane bleue » ou mégalopole européenne, qui comprend notamment l'Europe rhénane ainsi que les périphéries européennes.

Les frontières orientales de l'Europe sont avant tout politiques : la limite de l'Oural est due aux cartographes du tsar Pierre Ier le Grand au XVIIIe siècle. De même, la frontière fut déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la Mer Caspienne au début du XIXe siècle pour justifier l'annexion de la Géorgie et de l'Arménie dans l'empire russe. D'un point de vue plus scientifique, si l'on se réfère à la tectonique des plaques, l'Europe et la partie continentale de l'Asie ne sont qu'un seul et même continent, dénommé Eurasie. Aussi, quelques géographes éminents, tels qu' Alexander von Humboldt, considéraient-ils l'Europe comme une simple presqu'île de l'Asie.

Dans la vision purement anthropologique du XXe siècle, « la pensée classique des anthropologues » étendait « le substratum biologique des populations européennes au-delà des frontières politiques de l'Europe » et établissait « d'abord la présence d'une commune humanité » sans établir « une conjonction entre identité politique, identité culturelle et identité biologique »[2]. L'Europe anthropologique comprenait donc non seulement l'Europe géographique mais aussi toutes les populations « europoïdes » du pourtour méditerranéen (Proche et Moyen Orient, Afrique du Nord). Ainsi pour Marc Sauter « les frontières que tracent le géographe et l'historien ne signifient pas grand-chose ... En fait, sur le plan anthropologique, l'Europe déborde largement les mers méridionales, la chaîne du Caucase et les steppes russes pour englober toute une humanité. Racialement, l'Europe est partout où la peau de l'homme est blanche »[3].

Carte de l'Europe géographique présentant les reliefs

[modifier] Climat

Voir aussi l'article détaillé Météorologie de l'Europe.

Le climat européen est conditionné notamment par son étalement en latitude du 36e au 71e parallèle nord, soit plus de 4 000 kilomètres entre les espaces scandinave et méditerranéen. De ce fait, le contraste de température est considérable entre l'extrême nord, moyenne annuelle -5°C environ, et l'extrême sud, moyenne annuelle 18°C environ.

L'Europe dispose d'une vaste zone côtière, et l'influence océanique atlantique et méditerranéennes contribuent à modérer les températures sur une bonne partie de l'Europe. Elle est située à l'est et au sud de l'Atlantique nord-est dont la température est notablement attièdie par la dérive nord-atlantique. Du fait de sa latitude, la majeure partie du continent est soumise au flux d'ouest dont la température a été auparavant adoucie par son passage sur cette partie nord-est de l'océan. Ce flux d'ouest n'est pas contrarié dans sa progression vers l'est en raison des grandes plaines largement ouvertes vers l'ouest dans la partie moyenne de l'Europe.

En toutes saisons, ce flux est tempéré et porteur de perturbations assurant des pluies régulières. Au fur et à mesure de sa progression à l'intérieur des terres, ce flux subit les influences continentales : il devient moins tempéré et s'assèche progressivement, les précipitations devenant moins régulières. Vers l'est, les hautes pressions hivernales prennent de l'importance, font barrage au flux océanique et sont la source d'épisodes très froids et secs. Au nord, les montagnes scandinaves font obstacle aux vent d'ouest et entrainent un climat continental froid sur une bonne partie de la Scandinavie. Le flux océanique voit également son importance climatique diminuer au sud de l'Europe, à cause de la latitude et à cause des barrières montagneuses conséquentes qui s'interposent la plupart du temps en direction de la Méditerranée.

Tous ces facteurs expliquent la répartition des climats européens :

  • La bordure de l'Océan Arctique connait un climat polaire sans véritable été (température de juillet inférieure à 10°C) avec de précipitations faibles. L'hiver est aussi froid que dans le domaine continental, mais il est plus perturbé du fait du voisinage de la mer.
  • Les littoraux du nord-ouest, la bordure cotière de la Norvège, les iles au nord de l'archipel britannique, l'Islande connaissent un climat océanique frais avec une température moyenne dépassant 10°C pendant moins de 4 mois. Les précipitations sont abondantes, généralement plus de 1000 mm par an et souvent beaucoup plus dès qu'il y a des reliefs un peu importants. Les pluies sont réparties en toutes saisons avec un maximum d'automne ou d'hiver. Les tempêtes d'automne et d'hiver sont très fréquentes. Bien qu'agité, l'hiver reste "tempéré" par rapport à la latitude, entre -3°C et 4°C pour le mois le plus froid. L'été est frais et la température moyenne de juillet est comprise entre 10°C et 14°C.
  • Toujours sur le domaine littoral mais plus bas en latitude, depuis les Iles britanniques jusqu'au nord du Portugal en passant par la bordure cotière des Pays-Bas, de la Belgique, de la France et par le nord-ouest de l'Espagne s'étend un climat océanique bien caractérisé, avec une température moyenne qui augmente du nord vers le sud mais assez homogène par rapport à l'étalement en latitude. Dans cette zone, le flux océanique modère les températures, les pluies sont fréquentes et régulières en toutes saisons avec cependant un maximum d'automne au nord et d'hiver au sud. Le total des précipitations annuelles, plus modéré que dans le type précédent, est compris entre 700 mm et 1000 mmm sauf sur les des massifs cotiers (Écosse, Pays de Galles, chaine cantabrique) où ce total peut largement dépasser 3000 mm. Les tempêtes automnales et hivernales sont fréquentes mais un peu moins que dans la zone précédente. En hiver, par rapport à la latitude, le gel et la neige sont relativement rares ainsi que les fortes chaleurs en été. Les étés sont tempérés avec une température moyenne qui dépasse 10°C pendant plus de 4 mois. Pour le mois le plus chaud la température est comprise entre 15°C et 19°C du nord au sud, celle du mois le plus froid de 2°C à 10°C du nord-est au sud-ouest.
  • À l'est de cette zone, la limite avec le domaine précédent étant assez floue, dans la vaste zone de plaines ou de moyennes montagnes qui va du bassin parisien au sud de la Scandinavie, à l'ouest de la Pologne et limitée par les contreforts des Alpes suisses et autrichiennes au sud, le climat se continentalise peu à peu tout en conservant des caractéristiques modérées par rapport à la latitude, les pluies deviennent cependant un peu moins régulières, leur volume diminue progressivement, entre 500 et 700 mm en plaine, 800 à 1500 mm sur les reliefs. Les pluies sont réparties très uniformémént tout au long de l'année avec un maximum pluviométrique qui tend à devenir plutôt estival. Les tempêtes automnales et hivernales voient leur importance diminuer au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l'océan. La fréquence des épisodes de température extrêmes augmente progressivement mais la moyenne reste modérée, la température du mois le plus chaud est comprise entre 16°C et 19°C du nord au sud, celle du mois le plus froid de 5°C à -3°C de l'ouest vers l'est. Cette zone est très homogène du point de vue climatique, les conditions varient peu sur des centaines de kilomètres.
  • Un peu plus au sud, de l'Aquitaine aux Balkans et à la mer Noire vers l'est, le climat se continentalise également mais plus rapidement, du fait des reliefs plus accentués le flux atlantique pénetre moins facilement. Malgré la latitude plus basse, le long d'un même méridien les hivers sont presque aussi froids que dans le domaine précédent, les étés deviennent par contre nettement plus chauds avec une température moyenne comprise entre 20°C et 23°C en plaine. La température du mois le plus froid est comprise entre 5°C et -3°C de l'ouest vers l'est. Les tempêtes océaniques concernent peu cette zone et, sauf configuration particulière, le climat est beaucoup plus calme que dans les trois domaines précédents. Le climat s'assèche progressivement vers l'est. Les pluies, toujours réparties sur toute l'année, deviennent un peu plus irrégulières également que dans le domaine océanique, les orages d'été prennent de l'importance. Du fait du relief beaucoup plus compartimenté, il y a multiplication des climats locaux.
  • À l'est des deux domaines précédents, à partir de la Pologne à l'ouest, depuis la façade orientale de la chaine scandinave et les confins de l'océan Arctique au nord jusqu'à l'Oural vers l'est, jusqu'à la mer Noire, le Caucase et la Caspienne au sud apparait le climat continental. L'hiver est froid avec blocage fréquent du flux océanique par l'anticyclone continental générateur d'épisodes très froids et secs, la moyenne de janvier va de -5°C de l'ouest à -20°C vers le nord-est. L'été, l'anticyclone continental disparait et le flux atlantique pénètre plus librement à l'intérieur du continent, l'été est encore frais au nord mais il est de plus en plus chaud vers le sud, 10°C en juillet à la frontière du domaine polaire, jusqu'à 25°C près de la mer Caspienne. Les saisons intermédiaires sont courtes. Les pluies sont plus irrégulières avec un maximum de printemps ou d'été. Au nord du domaine, les étés sont assez pluvieux et restent frais avec une évaporation modérée, la sécheresse d'été est modérée. Vers le sud, la chaleur augmente ainsi que l'irrégularité des pluies, la sécheresse relative d'été s'intensifie et les abords de la Caspienne connaissent un climat steppique.
  • Les montagnes (Alpes, Pyrénées, Carpates, chaines balkaniques, Caucase, Alpes scandinaves) connaissent le climat montagnard qui correspondent à peu près à celui des plaines environnantes mais modifiés par l'altitude. Celle-ci provoque un abaissement de la température, en toutes saisons mais davantage en été qu'en hiver et une augmentation des pluies pour les versants exposés aux vents pluvieux. Les reliefs multiplient les climats locaux du fait des différences d'expositions au soleil et du fait de la modification du régime des vents qu'ils induisent.
  • les régions bordant la Méditerranée (majeure partie de l'Espagne, sud-est de la France, Italie hors les Alpes et la plaine du Po, la Croatie, l'Albanie, la Grèce et les iles méditerranéennes) connaissent un climat méditerranéen. À l'écart du flux océanique humide du fait des montagnes et de la latitude, ce climat est caractérisé par une sécheresse estivale et un ensoleillement nettement plus importants que dans les domaines précédents. Les pluies ne sont pas souvent apportées par le flux atlantique mais la plupart du temps par des perturbations qui se développent sur place, alimentées par l'air méditérannéen, ces perturbations sont moins nombreuses que les pertubations océaniques mais les pluies qu'elles apportent sont copieuses et parfois excessives. Le total pluvométrique annuel des régions méditerranéennes est à peu près le même que pour les domaines précédents mais la répartition des précipitations est beaucoup plus irrégulière. L'été est à peu prés sec surtout prés des cotes et dans le sud, les pluies de printemps et d'automne sont prédominantes au nord du domaine méditéranéen et celles d'hiver au sud. Suivant les effets d'abris ou au contraire suivant les effets de couloir induits par les reliefs environnants, ce domaine est calme ou au contraire très venté (Mistral, Tramontane, Bora, etc...). Les températures hivernales sont douces, 5 à 11°C en janvier, de l'intérieur vers la cote et du nord vers le sud. L'été devient chaud 22°C à 27°C en juillet du nord vers le sud. Du fait de sa position en latitude, le sud du Portugal connait un climat analogue mais avec des étés un peu moins chauds car tempérés par l'influence atlantique

[modifier] Histoire de l’Europe

Icône de détail Article détaillé : Histoire de l'Europe.

[modifier] Préhistoire

Carte représentant la diffusion des langues indo-européennes 4000 et 1000 av. J.-C. selon l'hypothèse kourgane.

Des fouilles réalisées ces dernières années en Géorgie puis en Bulgarie permettent de dire que le genre Homo existe en Europe depuis environ 1,5 million d'années. Il est en effet probable que ses représentants aient peuplé l'Europe depuis le Caucase en suivant la voie danubienne.

On appelle anténéandertaliens les populations qui ont vécu en Europe il y a 800 000 à 400 000 ans. Ils sont notamment représentés par l'homme de Tautavel (- 450 000 ans), le « Français le plus ancien ».

Les premières traces de peuplement néandertalien en Europe remontent à 300 000 ans. Cette espèce humaine, très spécialisée, semble n'avoir existé qu'en Europe et au Proche-Orient. Elle a disparu il y a près de 30 000 ans.

L'homme moderne (dont les premières traces africaines remontent à 120 000 ans) apparaît en Europe il y a 40 000 ans, représenté notamment par l'homme de Cro-Magnon.

Vers 6900 avant J.-C, on assiste à la formation de la Mer Baltique.

Vers 6000 avant J.-C: La Méditerranée pénètre l'actuel détroit des Dardanelles, puis celui du Bosphore. Il s'en suit, vers 5500 avant J.C, la formation de la Mer Noire qui auparavant était un lac d'eau douce dont le niveau était beaucoup plus bas que celui de la Mer Noire actuelle.

Entre 5500 et 4800 ans avant J.-C., la première culture Indo-européenne est attestée dans la steppe pontique, au nord de la Mer Noire: c'est la culture de Samara. Ces Proto-indo-européens propageront leur langue, leur culture, leurs croyances et leurs codes à travers tout l'Europe. Ils sont les premiers être humains à domestiquer le cheval ce qui facilita leur expansion. Ils parlaient à l'origine une langue ancienne appelée indo-européen commun par les linguistes et qui a été partiellement reconstituée. Cette langue est à l'origine de l'immense majorité des langues parlées en Europe (Albanais, Baltes, Celtes, Germains, Grecs, Latins, Slaves, Arméniens).

[modifier] Antiquité

C'est aux Grecs qu'on doit le mot Europe, attesté pour la première fois au VIe siècle av. J.-C. Il semble qu'il ait d'abord désigné pour eux la région continentale située au nord du golfe de Corinthe, puis les terres qu'ils découvraient peu à peu au nord du bassin méditerranéen.

Sur les rives de la mer Méditerranée, après l'essor de la Grèce, vient celui de la civilisation romaine. Plus au nord se développent des civilisations protohistoriques : Celtes, Germains, etc.

La constitution de l'Empire romain, puis le développement du christianisme, permettent une unité européenne dont le centre politique et économique est la Méditerranée, et dont les langues administratives sont le latin et le grec.

La lente désagrégation de cet empire et son incapacité à résister face aux incursions répétées des peuples germaniques entraînent sa dislocation puis l'effondrement de sa moitié occidentale. Divers peuples germaniques accaparent alors le pouvoir dans de nouvelles entités territoriales aux frontières mouvantes, préludes à la création des actuels États européens de l'ouest.

À l'est, l'empire romain d'Orient, ayant pour capitale Constantinople, subsiste et mue en un empire chrétien d'Orient où les habitants persistent à se considérer « Romains ». Et c'est ainsi que les Romains sont devenu les souverain de l'Europe.

[modifier] Moyen Âge

Dominée un temps par l'Empire romain, la partie occidentale de l'Europe connait une première unité politique, et avec le christianisme, une tentative d'unité religieuse. La lente déliquescence de cet empire laisse cette région du monde en proie de la désunion et l'émergence de nations parfois éphémères, au grès des invasions et conquêtes successives.

Poursuivant la politique de conquête de ses prédécesseurs francs, Charlemagne étend son royaume. Sa politique d'expansion rejoint le désir de la papauté romaine d'assoir la christianisation de l'Europe et la prépondérance de l'évêque de Rome par rapport aux patriarches copte et orthodoxes. Le jour de Noël de l'an 800, Charlemagne est couronné empereur des Romains par le pape Léon III, à Rome, en la basilique Saint-Pierre. Cette union entre pouvoir temporel et religieux vise à réunir l'Europe sous un empire chrétien qui rappel l'unité de l'Empire Romain. De son vivant, Charlemagne se fait appeler Pater Europae (« père de l'Europe »), et parfois Europa vel regnum Caroli (l'Europe, ou le royaume de Charles).

L'Europe de Charlemagne est d'abord franque et chrétienne, mais le rôle de Rome y est essentiellement religieux, la capitale de ce nouvel empire devenant Aix-la-Chapelle. L'Empire romain y est une source d'inspiration forte, et la langue latine y est privilégiée. Charlemagne tente une réunification avec l'empire byzantin vers l'an 800 mais il échoue, et, au cours des siècles, les relations avec Constantinople se détériorent jusqu'au schisme religieux.

L'empire d'Occident se désagrège rapidement après la mort de Charlemagne. En 962, Otton Ier crée le Saint-Empire romain germanique, mais celui-ci ne peut s'étendre, contrecarré par l'émergence de jeunes royaumes comme en France et en Angleterre, par ses luttes avec la papauté, puis par le développement de l'empire ottoman lors de l'époque moderne.

L'empire byzantin, chrétien mais de culture essentiellement grecque, connaît d'importantes fluctuations de sa force et par conséquent de l'emprise de son territoire. Celui-ci s'étendra à son apogée sur une grande partie du rivage méditerranéen, d'abord sous Justinien, puis sous les empereurs macédoniens, du IXe au XIe siècle.

La montée en puissance des Musulmans, puis le schisme de 1054 entre le catholicisme et l'orthodoxie - suivi d'une croisade dirigée en 1202 à son encontre - affaiblissent l'empire d'Orient. Il est dépecé morceaux par morceaux par l'empire ottoman avant de disparaître lors de la chute de Constantinople en 1453.

C'est le terme de Chrétienté qui, durant quelques siècles, unit culturellement la plupart des Européens catholiques alors que le mot Europe disparaît des propos et des esprits. Les croisades sont l'une des rares concrétisations politique et militaire de ce sentiment d'appartenance.

[modifier] Époque moderne

À l'époque où l'Empire Byzantin s'effondre, la Reconquista touche à sa fin. 1492 est l'année de l'Espagne, avec la reconquête du dernier royaume maure (Grenade) en péninsule ibérique et le premier voyage de Christophe Colomb, sous l'égide des Rois catholiques qui va ouvrir la voie à l'établissement des hégémonies européennes.

Le rêve d'un grand empire européen renaît au XVIe siècle, avec l'affrontement entre François Ier et Charles Quint, qui tous deux se disputent le trône du Saint-Empire. Grâce à l'appui des banquiers Fugger, Charles Quint l'emporte, se retrouvant à la tête d'un domaine très vaste, mais aussi très morcelé. Les diverses guerres menées contre la France ne donnent aucun résultat et, durant deux siècles, le découpage de l'Europe va évoluer au gré des alliances matrimoniales et des guerres entre États. C'est cependant face à la menace de l'Empire ottoman que l'idée d'une union des États d'Europe apparaît : « Nous tenons de Gadès à l’Isler, une zone qui s’étend entre les deux mers et qui est la très courageuse et la très puissante Europe. Là, si nous nous unissions, nous ne serions pas seulement égaux à la Turquie, mais supérieurs à toute l’Asie » (Luis Vives).

Plus grave, le ciment du christianisme catholique, qui donnait un semblant d'union à cette Europe, éclate en morceaux avec la Réforme (ou plutôt les Réformes), dont l'impact politique est considérable, entraînant notamment la formation des Provinces-Unies et de la Confédération helvétique. Les guerres de religion, la guerre de Trente Ans, les guerres de Louis XIV rythment les XVIe et XVIIe siècles. Les traités de Westphalie (1648) redessinent durablement la carte politique de l'Europe et l'équilibre des forces en présence.

L'Époque moderne est donc finalement marquée par un renforcement des nationalismes en tout genres. C'est aussi l'époque où l'Europe s'étend très loin de ses frontières naturelles par la constitution des premiers empires coloniaux sur le continent américain, puis en Inde.

[modifier] Époque contemporaine

Carte de l'Europe de 1843 montrant la multitude d'États issus du Congrès de Vienne

La Révolution française inaugure un bouleversement politique très important : les idées démocratiques apparaissent sur le devant de la scène et les campagnes de Napoléon Ier puis le Congrès de Vienne vont remodeler profondément la carte de l'Europe et les mentalités.

À la fin d'un long processus, le XIXe siècle voit se réaliser l'unité de l'Italie (1861 à 1870) et de l'Allemagne (1871), ainsi que la constitution de plusieurs nouveaux pays dans les Balkans, issus du démembrement de l'Empire ottoman, appelé alors l'homme malade de l'Europe.

C'est aussi l'apparition de nouveaux mouvements politiques prônant plus d'égalité (socialismes), voire le démantèlement du pouvoir des États (anarchismes). Ces idées se diffuseront par la suite, et avec plus ou moins de retard, largement hors des frontières de l'Europe.

La domination politique et économique de l'Europe sur le reste du monde s'est affirmée après qu'elle a bouleversé son économie lors des révolutions industrielles, développant sa productivité et amorçant une forte explosion démographique. Leur avance technologique, et notamment militaire, permit aux pays européens, en concurrence les uns contre les autres, d'étendre leur emprise sur les autres continents. Cette colonisation connut son apogée au début du XXe siècle (cet apogée s'achève en 1914), avant que les deux guerres mondiales ne bouleversent l'ordre établi. La Seconde Guerre mondiale laisse l'Europe exsangue (voir l'article Europe sous domination nazie). Alors que la suprématie des pays européens occidentaux disparaît au profit de deux nouvelles super-puissances (les États-Unis et l'Union soviétique), des rébellions se développent dans les colonies, aboutissant à l'indépendance de nombreux pays, notamment au cours du troisième quart du XXe siècle.

Parallèlement, alors que l'excédent démographique de l'Europe était tel qu'elle constituait un réservoir d'émigration massive tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les pays du continent furent confrontés à une stabilisation, voire une régression démographique à partir de la Première Guerre mondiale. Cela, combiné au développement continu de l'économie, dont principalement l'industrie de production et de transformation, provoqua un appel de main d'œuvre qui transforma l'Europe en une terre d'immigration, notamment au cours des Trente Glorieuses.

[modifier] Population et civilisation

[modifier] Population

Évolution de la population européenne
Année Population
1150 50 000 000
1300 73 000 000
1400 45 000 000
1750 140 000 000
1800 187 000 000
1850 266 000 000
1900 420 000 000
1995 728 000 000
2005 732 380 859
2007 732 938 773

Le conseil de l’Europe soulignait en 2005 que depuis quelques décennies l’UE doit sa croissance démographique (pour tout ou partie) à l'immigration qui dans les années 2000 est devenue le premier, puis le seul facteur d’augmentation de la population totale de l’UE. Ainsi deux millions de personnes sont venues s'installer en Europe en 2004 alors que l'accroissement naturel était négatif de 63 000 personnes. L’Europe est au début du XXIe siècle le troisième foyer de peuplement derrière la Chine et l'Inde, avec des densités de populations parmi les plus élevées au monde dans certaines zones des Pays-Bas, de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Allemagne ou de l'Italie, d’autant que l’exode rural s’est renforcé ainsi que l’attractivité des littoraux avec des populations de plus en plus urbaines. En 2007, 70 millions de personnes, soit 16 % de la population de l'UE, résident dans des communes côtières[4].

[modifier] Réfugiés en Europe

Selon le World Refugee Survey 2008 publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants [5], il y avait environ 252 600 réfugiés et demandeurs d'asile en Europe à la fin de 2007.

Le comité américain pour les réfugiés estime que les pays européens sont parmi les « pires endroits pour l'accueil des réfugiés »[6]. Ces pays ont élaboré des politiques d'immigration et des accords avec les pays à la périphérie de l'Europe, qui rendent difficile l'entrée sur le territoire européen. L'Union européenne a établi que les demandeurs d'asile doivent déposer leur demande d'asile dans le premier pays européen où ils entrent, ce qui entraine que la plupart des réfugiés déposent leur demande dans des pays comme la Grèce, l'Ukraine, la Pologne et la Slovénie, qui ont des politiques d'immigration et d'offre d'asile plus strictes que les autres pays européens.

[modifier] Histoire démographique récente

Malgré les dizaines de millions de morts des deux guerres mondiales, l’Europe a connu une période d’explosion démographique aux XIXe et XXe siècles, qui s’est accompagnée d’une forte pression sur l’environnement et les ressources non renouvelables (cf. empreinte écologique, empreinte énergétique, pression urbanistique, pollutions, etc.). Depuis quelques décennies, la population européenne tend à se stabiliser, suite à une forte diminution de la natalité, qui reste toutefois encore largement compensée par la natalité de certains pays, par le recul de l’âge auquel les femmes font leurs premiers enfants, et surtout par une immigration régulière.

[modifier] Prospective

[modifier] Démographie

Les études prospectives pour 2050 varient d’une population diminuant de seulement 3 % (dans l'hypothèse d'un ICF remontant à 2,34), à -22 % voire -50 % dans le pire des cas. Ces chiffres doivent tous être utilisés avec prudence, la prospective démographique ayant toujours été prise en défaut et pouvant elle-même influer en retour sur les comportements individuels et collectifs et sur les politiques de soutien à la natalité ou à l’immigration.

La population de l'Union européenne (UE) serait de 470 millions de personnes en 2050 selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et 506 millions en 2060 selon Eurostat. La population de l'UE dépasserait ainsi celle des États-Unis (468 millions de personnes en 2060 selon le Centre américain d'études sur l'immigration). [7]

[modifier] Vieillissement

En termes de prospective, une moindre natalité, associée à l'allongement de la durée de vie se traduit par un net vieillissement. Ce sont 25 à 33 % de la population qui pourraient avoir plus de 65 ans en 2050, contre 14,7 % en 2000 selon un rapport du Conseil de l'Europe (2005) qui postule une diminution de 13 à 22 % de la population d'ici à 2050 par rapport aux chiffres de 1995 (sans apport notable par l’immigration ou sans remontée de l’indice de fécondité et/ou sans les apports de la Turquie, des pays du Caucase et de Chypre, et sans tenir compte d’une baisse supplémentaire qui pourrait être due par exemple à une pandémie mondiale.

Dans ses projections 2008-2060 publiées le 26 août 2008, Eurostat prévoit un vieillissement de la population avec 12,1 % d'Européens âgés de plus de 80 ans, et 30 % de plus de 60 ans en 2060. Selon les Nations unies, 24,5 % des Européens auront moins de 18 ans en 2050. [8]

[modifier] Espérance de vie

Depuis 1970, un polonais a gagné quatre ans d'espérance de vie, un hongrois trois et un lituanien en a perdu deux, tandis qu'un français en a gagné neuf.

[modifier] Disparités géographiques

Croissance démographique des pays européens.

La croissance démographique s’est globalement poursuivie pour les 27 États membres de l'Union Européenne, mais dans les années 2000 à 2005 la population décroît déjà en Russie, Ukraine et Roumanie (-247 000 personnes au total pour ces pays en 2004). Ce déclin démographique semble plus important et plus rapide dans les ex-pays de l’Est, dans quelques pays où la pauvreté et le renforcement des inégalités ont suivi l’effondrement du communisme, et aussi dans les régions touchées par la catastrophe de Tchernobyl (la Biélorussie qui a reçu 70 % environ des retombées d'iode et de césium radioactifs et connaît depuis 20 ans le plus fort taux d’avortement et le taux d’abandon d’enfants y est élevé).

[modifier] Langues

Carte des langues en Europe.

Sur une surface réduite, l'Europe bénéficie d’une grande richesse ethnoculturelle et de langues. Les cultures germaniques, slaves, latines et finno-ougrienne sont traduites par la diversité des langues parlées : 120 langues et dialectes ont des racines indo-européenne ; latines et grecques au sud, germaniques au nord et au nord-ouest ; slaves à l'est et en Europe centrale, seul le groupe des langues finno-ougriennes (regroupant le finnois, estonien et le hongrois) et la langue basque ne font pas partie des langues indoeuropéennes.

  • 35 langues officielles ne sont pas sans poser quelques problèmes de traduction et de communication aux administrations européennes. Ce patrimoine linguistique de grande valeur pour la littérature, la poésie et le cinéma, etc., est enrichi de 225 langues secondaires non officielles. Ce chiffre peut paraître élevé, mais il ne représente que 3 % du total des langues vivantes encore parlées sur la planète.
  • Avec plus de 720 ou 980 millions d'habitants selon que l’on considère l’Europe politique ou géographique, l'Europe reste selon les linguistes (dont le Summer Institute of Linguistics du Texas) une zone de forte homogénéité linguistique avec en moyenne une langue pour 4,3 millions d'habitants. (http://www.ethnologue.com//)
  • Administrativement, l’allemand, l’anglais, le russe, le français et l’italien dominent. Et dans ce groupe l’anglais progresse le plus comme langue d’échange, mais l’Europe est linguistiquement beaucoup plus riche puisque les 50 États européens (tous souverains, hormis Gibraltar) de la grande Europe géographique regroupent 35 langues officielles, enrichies selon les linguistes de 222 langues vernaculaires.
  • Une langue unique n’est officiellement parlée que dans 3 petits États : l’Islande (où l’on parle islandais), le Liechtenstein (où l'on parle allemand), et la République de Saint-Marin (où l'on parle italien). L'État de la Cité du Vatican (plus petit État européen) est un cas à part : l’italien y est la langue véhiculaire, le latin (réputé langue morte) y est la langue juridique, le français y est la langue diplomatique (le Vatican se fait enregistrer comme État francophone auprès des organisations internationales), et l'allemand est la langue en usage dans l'armée (la Garde suisse). Les autres États comptent tous plusieurs langues vernaculaires, tant dialectes que langues à part (plus ou moins reconnues et souvent non enseignées) et jusqu’à plus de 10 pour l'Allemagne (21 langues), l'Azerbaïdjan (13), la Bulgarie (11), l'Espagne (14), la France (25), l'Italie (33), la Roumanie (14), le Royaume-Uni (12). La vaste Russie regroupe à elle seule 56 langues sur son territoire.
  • En Europe de l’Ouest (France, l’Espagne, Royaume-Uni, Italie, etc.) les langues vernaculaires sont souvent régionales et très minoritaires, parfois au bord de l’extinction, mais certaines (breton, basque, flamand sont plus reconnues, et enseignées en France, plutôt à l’Université, mais parfois dès l’enfance : école Diwan en Bretagne). En Espagne, c’est le cas du basque, du catalan et du galicien. Pour le Royaume-Uni, c’est le gallois, l’écossais et l’irlandais. Le français est reconnu en Italie dans le Val d’Aoste, comme le sont le féroïen aux îles Féroé, ou le frison aux Pays-Bas, etc.
  • Certaines langues régionales, sans statut officiel (bien que doublant parfois les noms de communes ou de rues) persistent et sont parfois protégées et enseignées, souvent avec le soutien de collectivités locales ou régionales (breton, corse, occitan en France, sarde en Italie, lapon en Scandinavie.
  • Aux langues originaires des pays d’accueil s’ajoutent les langues maternelles des populations circulantes (Roms), migrantes ou réfugiées, et tout particulièrement l'arabe, le berbère, le turc, l'hindî, etc. … et l’espéranto/Ido… Sans parler des mélanges qui naissent dans les banlieues du continent ou des territoires dits « d’outre-mer » (créole) ou dans certaines communautés (verlan), y compris virtuelles sur l'internet.

[modifier] Religions

Carte des religions en Europe

Trois ensembles de religions dominent :

Les catholiques sont majoritaires dans 23 pays, les orthodoxes dans 10 pays, les protestants dans 9 pays, les musulmans 2 pays (Bosnie-Herzégovine, Albanie), et également en Turquie si l'on considère cette dernière comme faisant partie de l'Europe.

Il existe des minorités religieuses à l'intérieur de ces grands ensembles :

  • les religions extrêmes orientales, connaissant un succès grandissant, par goût de l'exotisme ou du fait des communautés asiatiques immigrées en Europe.
  • l'évaluation de l'athéisme est variable selon les enquêtes.
    • Anciennement en Albanie, la religion était prohibée.
    • Selon l'ouvrage de J. Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l'Europe des 12, 1994, page 259 : un quart de la population de l'Union européenne serait « non religieuse » et 5 % des Européens seraient des athées convaincus.
    • Une enquête menée dans 21 pays sur 21 000 personnes et publiée en décembre 2004 annonce que 25 % des Européens de l'ouest se disent athées contre 12 % dans les pays d'Europe centrale et orientale. Toujours selon cette enquête publiée dans le The Wall Street Journal version européenne, 4 % des Roumains et 8 % des Grecs se disent athées. Au contraire, 49 % des Tchèques et 41 % des Néerlandais sont athées.
    • Selon une récente enquête du Centre public de recherches sociologiques (Le Monde, juillet 2005), 82,4 % des Espagnols se disent catholiques et 47,7 % d'entre eux pratiquants.
  • la laïcité reste une spécificité française et turque, mais la séparation des Églises et des États est établie dans presque tous les pays. Cependant, au sein de l'Union européenne, divers pays ont des systèmes confessionnels, c'est-à-dire que l'État reconnaît une religion officielle ou dominante : entre autres, le Royaume-Uni (Église anglicane en Angleterre et presbytérienne en Écosse) ; le Danemark et la Finlande (protestantisme luthérien) ; l'Irlande, la Belgique, l'Espagne, Monaco, l'Italie, Saint-Marin, (catholicisme) ; la Suisse (variable selon les cantons), la Grèce (orthodoxie grecque). Dans ces cas, il n'y a pas égalité de traitement entre les religions mais des prérogatives (souvent d'ordre financier, parfois juste d'ordre honorifique) sont accordées à l'une d'entre elles. Des débats préparatoires à la constitution européenne ont évoqué la possibilité d'inscrire les racines chrétiennes dans le texte, mais cela fut rejeté.

[modifier] Politique

Drapeau du Conseil de l'Europe et de l’Union européenne.

Les pays qui ont tout ou partie de leur territoire en Europe (selon les limites géographiques définies plus haut) sont au nombre de 50 :

Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie[10], Autriche, Azerbaïdjan, Biélorussie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre[10], Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.

Les pays en Europe

[modifier] Évolution du nombre d'États européens depuis 1871

La carte politique de l'Europe a été la plus homogène à la veille de la Première Guerre mondiale. Après l'unification de l'Italie et de l'Allemagne, le nombre d'États européens était tombé à 20[11] en 1871 (y compris la Turquie, qui contrôlait encore la majeure partie des Balkans), avant de remonter à 23 en 1878, date à laquelle le congrès de Berlin reconnut l'indépendance de la Serbie, du Monténégro et de la Roumanie. Ce nombre passa ensuite à 26 avec l'accession à l'indépendance de la Norvège (1905), de la Bulgarie (1908) et de l'Albanie (1913).

Le nombre d'États européens subit d'importantes fluctuations à la suite des deux guerres mondiales : c'est ainsi que la Sarre et les Pays baltes (entre autres) changèrent de mains (et de statut) à plusieurs reprises. Pendant l'entre-deux-guerres, les villes libres de Dantzig, Fiume et Memel connurent également une existence éphémère sous la protection toute relative de la Société des Nations. Par la suite, il en fut de même du territoire libre de Trieste, placé sous tutelle de l'Organisation des Nations unies en 1947, puis partagé entre l'Italie et la Yougoslavie en 1954.

Au cours des années 1960, le nombre d'États européens se stabilisa à 35 avec l'accession à l'indépendance de Chypre (1960) et de Malte (1964). Il devait se maintenir à ce niveau jusqu'à la chute du mur de Berlin, en 1989. Après la réunification de l'Allemagne et l'éclatement des anciennes fédérations communistes (URSS, Yougoslavie, Tchécoslovaquie), le nombre d'États européens officiellement reconnus comme indépendants s'élevait à 50 en 2008 (ou 44 si l'on considère Chypre, la Turquie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et le Kazakhstan comme asiatiques). L'indépendance du Kosovo était cependant contestée par la Serbie, la Russie et plusieurs États membres de l'Union européenne.

Le nombre d'États européens atteindrait même la soixantaine si l'on tenait compte des nombreux pays dont le statut est contesté (Abkhazie, Chypre du Nord, Gagaouzie, Haut-Karabagh, Ossétie du Sud, Tchétchénie, Transnistrie) ou en cours d'évolution (Féroé). Israël fait par ailleurs partie de nombreuses associations européennes culturelles ou sportives (ex : UEFA). L'Algérie, l'Égypte, Israël, le Liban, la Libye, le Maroc, la Syrie, et la Tunisie font partie de l'Union européenne de radio-télévision. Le Maroc a participé au Concours Eurovision de la chanson en 1980. Ainsi pour Pierre Beckouche l’Europe est d’ores et déjà partie prenante d’un vaste ensemble macro-régional, dont les Européens n’ont pas conscience, qu’on peut appeler "Euroméditerranée", qui va de la Russie au Maroc en passant par le Moyen-Orient, et qui est traversé de flux économiques, culturels, migratoires plus intenses qu’on ne le pense souvent[12].

[modifier] L’Outre-Mer européen

Il regroupe (en 2008) 28 territoires et régions de l’outre-mer faisant partie intégrante de l'UE ou associés à six États membres de l’UE (Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni). Ils sont regroupés en 7 régions ultrapériphériques (7 RUP) (Açores • Canaries • Guadeloupe • Guyane française • Madère • Martinique • La Réunion)

[modifier] L’unité européenne, rêve et réalité

L'Europe n'a jamais connu d'unité politique totale. Certaines périodes d'une durée variable ont cependant été marquées par la domination d'une vaste partie du continent par un pouvoir unique, qui s'est en général imposé par la force. Ce fut ainsi le cas de l'empire romain, de l'empire carolingien, de l'empire napoléonien, et du IIIe Reich. Certaines familles royales ont également, par le biais de relations dynastiques, gouverné un grand nombre de pays européens, au premier rang desquelles la famille des Habsbourg.

Victor Hugo a souvent rêvé qu'un jour existeraient les États-Unis d'Europe, faisant le pendant aux États-Unis. Son discours prononcé le 21 août 1849, à l'occasion de l'ouverture du Congrès de la Paix à Paris, est resté célèbre [1]. Il y évoque une Europe enfin pacifiée, unie sous un même gouvernement. La suite de l'Histoire prouva qu'il s'agissait d'une vision prophétique en avance sur son temps, avec la guerre de 1870 et les deux guerres mondiales. Mais la mystique européenne fut vivement réactivée après la première guerre mondiale qui se chargea de démontrer, si besoin était, à un grand nombre d'intellectuels à quel point la guerre était absurde. Seule une Europe unie pouvait éviter le retour de l'horreur. Conscient du déclin de celle-ci face à l'Amérique (Albert Demangeon - 1920), ils cherchent la voie la plus sure pour unifier le continent. L'héritage culturel grec, le droit romain et l'unité chrétienne sont conçues par Paul Valéry comme les trois piliers de l'Europe, lors d'une conférence donnée à l'université de Zurich le 15 novembre 1922. En 1923, le comte Richard Coudenhove-Kalergi publie Paneuropa, ouvrage dans lequel il développe sa vison d'une Europe forte de 300 millions d'individus, dont il exclut la Russie et la Grande-Bretagne, l'une considérée comme "asiatique" et l'autre plus préoccupée de toute manière par son Empire planétaire (vision partagée alors par les britanniques eux-même). C'est une vison qui s'appuie sur une analyse géopolitique d'un monde divisé en grands blocs antagonistes. Il rencontre un tel écho dans le monde intellectuel qu'il peut réunir à Vienne en 1926 un congrès qui réunit plus de 2000 délégués venus de 24 nations différentes (l'un des premier adhérents à son mouvement est le jeune maire de Cologne, Konrad Adenauer). Il trouve aussi le soutien de Louis Loucheur et Aristide Briand (qui sera d'ailleurs nommé président d'honneur du mouvement), mais dans l'ensemble les politiques ne le suivent pas et on le soupçonne parfois de travailler pour l'Allemagne. Quoi qu'il en soit le mouvement Pan-Europe est fondé et survivra jusqu'à nos jours (Un membre de la famille des Habsbourgs en est aujourd'hui le président). Le même Aristide Briand, alors président du Conseil, pourra s'appuyer sur ce mouvement pour appeler à la création d'une "sorte de lien fédéral" devant l'assemblée de la SDN en 1929. Le 1er mai 1930, en accord avec les instances dirigeantes de la SDN, il remet aux autres gouvernements européens un mémorandum sur "l'organisation d'un régime d'Union fédérale européenne. Il essuie un refus poli: c'est un échec. La crise et la montée en puissance des totalitarisme étouffe progressivement tout espoir de construction européenne. L'Allemagne nazie conçoit l'Europe selon une vision pangermaniste, rasciste et centrée autour d'une grande Allemagne. L'Europe n'est plus qu'un réservoir de matières premières et de main d'œuvre, destinée à nourrir la machine de guerre nazie. Mais la résistance pense aussi l'Europe, et tandis qu'elle mène le combat intérieur partout en Europe contre le fascisme et le nazisme, ses membres les plus éminents se réunissent afin de dessiner les contours d'une Europe post-seconde guerre mondiale. Après la guerre Churchill appelle à son tour de ses vœux à l'unité européenne et crée un mouvement qui fusionne très peu de temps après avec celui de Coudenhove-Kalergi. Devant ce qui est perçu comme le danger soviétique, les États-Unis lance un vaste programme de reconstruction de l'Europe avec le plan Marshall. Celui-ci conditionne la formation d'une Europe financière appuyée sur des politiques monétaires concertées (création de l'OECE - Organisation Européenne de Coopération Economique). Il faut désormais attendre la déclaration Schuman du 9 mai 1950 pour assister à la relance du vieux projet d'union européenne, cette fois lancée par étape, en commençant par l'un des secteurs économiques phare pour les français comme pour les allemands, l'industrie de la houille et de la sidérurgie. En plaçant ces productions sous la houlette d'une Haute Autorité, c'est le consentement prudent mais définitif d'un abandon de souveraineté qui transparaît. La CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) née le 1er avril 1951 par la signature du Traité de Paris, elle réunit 6 états européens: le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, la RFA et la France. La Grande-Bretagne la rejoindra en 1954. L'Europe est en marche.

En effet, depuis la deuxième moitié du XXe siècle, un mouvement d'union politique est en construction, avec pour particularité sa mise en place pacifique et démocratique. La forme actuelle de ce nouveau pouvoir qu'est l'Union européenne n'est cependant pas encore arrêtée et laisse aujourd'hui une grande liberté politique aux pays membres, de plus en plus nombreux. L'Union européenne comprend maintenant 27 États membres, dont 16 faisant partie de la zone euro.

Avec l'Asie, l’Europe est le continent comptant le plus de monarchies (une monarchie pour trois républiques) ; les monarchies européennes sont aujourd'hui toutes de type parlementaire, les souverains n'ayant le plus souvent qu'un rôle symbolique ou un rôle politique non déterminant : ce sont les premiers ministres ou chefs de gouvernement, issus d'une majorité parlementaire, qui sont investis du véritable pouvoir politique.

[modifier] Organisations européennes