Festival de Cannes
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| Date de création : | 1946 Voir les Festivals par année |
|---|---|
| Créateur : | Jean Zay |
| Prix principal : | Palme d'or Voir la liste des prix décernés |
| Cérémonie actuelle : | Festival de Cannes 2009 |
| Délégué général : | Gilles Jacob |
| Directeur artistique : | Thierry Frémaux |
| Directrice générale : | Catherine Démier |
| Siège social : | Palais des Festivals |
| Voir aussi : | |
Le Festival de Cannes, fondé en 1946 sous l'égide de Jean Zay[1] et appelé jusqu’en 2002 le Festival international du film, est devenu au fil des années le festival de cinéma le plus médiatisé au monde[2], et son influence n'a cessé de grandir grâce aux médias et sponsors présents pour l'évènement, notamment lors de la cérémonie d'ouverture et de la traditionnelle montée des marches : le fameux tapis rouge et ses vingt quatre « marches de la gloire »[3]. Malgré ce prestige, le Festival a souvent été critiqué, et il fut à l'origine de plusieurs scandales ou controverses que relayèrent magazines et journaux, français et étrangers.
Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) est envahie par des cinéastes et prise d'assaut par des milliers de photographes. C'est au Palais des Festivals et des Congrès, situé sur le boulevard de la Croisette, que les principales projections ont lieu.
Parallèlement au Festival, plusieurs sections ont été créées au fil des ans. Parmi elles, on retrouve la Quinzaine, la Cinéfondation, la Semaine de la critique, Un Certain Regard, et surtout le Marché du film de Cannes, le premier au monde, en importance. Durant ces festivités, l'occasion est donnée aux nombreux producteurs et distributeurs présents sur place de trouver des partenaires pour le financement de leurs projets de films, ou de vendre les œuvres déjà tournées aux distributeurs et télévisions du monde entier.
Bien qu'il fît initialement figure de manifestation touristique et mondaine[4], le Festival a été créé pour récompenser le meilleur film, le meilleur réalisateur ou le meilleur acteur et la meilleure actrice. Pourtant, au fil des années, d'autres prix sont apparus et sont venus se rajouter au prestige cannois, comme le prix du jury, et surtout la Palme d'or.
Sommaire
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[modifier] Histoire
[modifier] Genèse et première édition (1939)
À la fin des années 1930, choqués par l’ingérence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sélection des films de la Mostra de Venise — inaugurée en août par le docteur Joseph Goebbels —, Émile Vuillermoz et René Jeanne soumettent à Jean Zay, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, l'idée d'un festival international du cinéma en France[5]. Jean Zay est fortement intéressé par la proposition[6], les Américains et les Britanniques l'encouragent dans ce sens. Plusieurs villes sont alors candidates, notamment Vichy, Biarritz et Alger mais c'est Cannes qui remporta les suffrages. Philippe Erlanger, associé à l'entreprise sera le premier délégué général du Festival[7].
En juin 1939, Louis Lumière accepte d'être le président de la première édition du Festival qui doit se dérouler du 1er au 30 septembre. Il avait alors déclaré vouloir « encourager le développement de l’art cinématographique sous toutes ses formes et créer entre les pays producteurs de films un esprit de collaboration ». La sélection française est arrêtée et comprend :
- L'Enfer des anges de Christian-Jaque ;
- La Charrette fantôme de Julien Duvivier ;
- La Piste du nord de Jacques Feyder ;
- L'Homme du Niger de Jacques de Baroncelli.
Parmi les films étrangers :
- Le Magicien d'Oz de Victor Fleming ;
- Au revoir Mr. Chips (Goodbye Mr Chips) de Sam Wood ;
- Les Quatre plumes blanches (The Four Feathers) de Zoltan Korda.
Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois par adoption, crée l'affiche du 1er Festival, qui est d'ailleurs devenue célèbre aujourd'hui.
Dès le mois d'août, les vedettes commencent à affluer, la Metro-Goldwyn-Mayer affrète un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer ou encore George Raft. On prévoit des fêtes mémorables ; inspirés par le film Quasimodo les Américains ont même dans l'idée de construire une réplique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes[8]. Le 1er septembre, jour de l'ouverture officielle, les troupes allemandes pénètrent en Pologne, mettant du même coup fin à cette première édition d'un Festival mort-né, et le 3 septembre, c'est la déclaration de guerre de la France et du Royaume-Uni à l'Allemagne.
[modifier] Les débuts du Festival
La première véritable édition du Festival se déroule après la guerre, du 20 septembre au 5 octobre 1946 dans l'ancien casino de Cannes grâce, entre autres, à la volonté de la confédération générale du travail[9], dont le réalisateur Louis Daquin est alors membre. La première édition du Festival est financée par le Ministère des Affaires étrangères et la ville de Cannes[10],[11],[12]. À l'origine le Festival devait concurrencer la Mostra de Venise mais l'Italie et la France étant redevenues des nations amies, il fut un temps pressenti que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque année en alternance[13].
Ce contrat ne fut pas annoncé au départ[14]. La France et les professionnels du cinéma n'étaient donc pas au courant. En 1946, le Festival avait eu un succès considérable et les cinéastes attendaient avec impatience l'édition suivante de 1947[14]... Lorsque cet accord sera dévoilé, il sera très critiqué, certains parleront d'« une capitulation de la France »[14], ainsi que l'annoncera le magazine La Technique Française.
L'édition suivante, en 1947, se fera de justesse, le Palais des Festivals étant construit par le syndicat dans la précipitation[15], le gouvernement de l'époque refusant de financer un Festival annuel. C'est pour cela que la Fédération CGT des syndicats du spectacle siège au conseil d'administration du Festival encore aujourd'hui[16]. D'ailleurs, cette année-là, sera instauré le principe d'égalité. C'est-à-dire que les organisateurs du Festival avaient décidé que le jury ne devait être composé que d'un représentant par pays[17].
Ainsi, en 1947, a lieu l'inauguration du Palais des Festivals (également appelé Palais Croisette) qui sera remplacé par un nouveau palais en 1983. L'inauguration du Palais Croisette se fera le soir du 11 septembre 1947 (et le Festival du 12 au 25). C'est grâce au Docteur Picaud, Maire de Cannes, que ce nouveau palais voit le jour. Seule la toiture n'est pas terminée[18] et elle s'envolera lors d'un violent orage en fin de Festival. C'est le Casino municipal qui servira de relais pour le bal de clôture et la remise des prix[19].
C'est aussi en 1947 que Robert Favre Le Bret rejoint la direction du Festival de Cannes. Il instaurera alors la Commission de sélection. Le principe était simple : le Centre national de la cinématographie devait donner à la commission de sélection les dates et règlements des autres festivals internationaux en précisant les délais de l'envoi des films. Les producteurs étaient ensuite informés et pouvaient ainsi envoyer leur(s) film(s) à la Commission. Celle-ci établissait ensuite la sélection. Ces films devaient être conformes aux règles de censure de l'époque. Malgré ce choix libre, la liste devait tout de même être validée par le Ministère qui s'occupait de la Cinématographie, et celui des Affaires étrangères, du moins durant la période de la Guerre froide[20]. Ainsi, durant l'année 1947, le Festival s'institutionnalise, s'organise, et trouve ses marques au sein de l'Europe, dont les festivals de cinéma se multiplient, même s'il n'aura pas lieu en 1948 et en 1950 officiellement en raison de problèmes budgétaires[21], ou peut-être officieusement à cause du contrat avec la Mostra de Venise, qui visait à les faire se dérouler en alternance un an sur deux[22].
À la fin de l'accord avec le Mostra de Venise, en 1951, le Festival aura enfin lieu durant le printemps, et n'aura plus à subir la concurrence de la Mostra de Venise et du Festival de Locarno qui se déroulaient sensiblement à la même date. Quatre ans plus tard, en 1955, est créée la Palme d'or, à l'initiative de Robert Favre Le Bret. Jusque là, c'était le Grand prix qui était remis. Le Délégué Général avait alors réuni tout le Conseil d'Administration du Festival et invité des joailliers de toutes l'Europe pour présenter leur modèle de la Palme d'or[23]. C'est le dessin de Lucienne Lazon qui remporte l'approbation du Conseil. C'est cette même année que Delbert Mann se voit remettre la première Palme de l'histoire, pour Marty. Mais, de 1964 à 1974, le Grand prix reprend sa place, pour finalement disparaître à jamais.
[modifier] De nouvelles ambitions
En 1959, le Marché du film est fondé. Il va alors donner au Festival une dimension commerciale, il rendra aussi plus facile les échanges entre vendeurs et acheteurs de l'industrie du film. Depuis bientôt cinquante ans d'activité, le Marché du film est devenu la première plate-forme mondiale pour le commerce international du film[24]. En 2007, il a accueilli plus de 10 000 participants provenant de 91 pays différents[25].
On remarquera en 1962 la première Semaine Internationale de la Critique[26], alors créée dans le but « de mettre à l’honneur les premières et deuxièmes œuvres des cinéastes du monde entier »[27]. Depuis un certain temps, on parle, dans les rues de Cannes, de projections privées, à propos de la Semaine Internationale de la Critique. Effectivement, des projections du Miramar, une salle de cinéma de Cannes, ont tendance à être réservées aux célébrités du cinéma, comme avec l'entrée de Alejandro González Iñárritu, Walter Salles, Guillermo del Toro, Javier Bardem, Carlos Reygadas et Harmony Korine, qui eux n'ont pas pris la file d'attente, contrairement à des cinéphiles qui ont dû attendre deux heures et s'entendre dire que la salle était pleine. D'autre part, la Semaine internationale de la critique accueille sept courts et sept longs métrages en compétition mais visionne plusieurs autres films hors compétition. Ainsi François Ozon, Alejandro González Iñárritu, Julie Bertuccelli, Eleonore Faucher, ... y ont été découverts[28]. Deux ans plus tard, en 1965, le Festival rend hommage à Jean Cocteau, décédé le 11 octobre 1963, en le nommant président d'honneur du Festival à vie. L'année d'après, le président du jury est une femme, c'est Olivia de Havilland ; c'était la première fois qu'une femme occupait ce poste.
Mais, malgré ce développement considérable, le Festival de Cannes 1968 sera interrompu le 19 mai. Alors que des universités se ferment, les séances de projection officielle du Festival sont souvent annulées à cause de manifestants étudiants[29]. Dès le 13 mai, ces étudiants avaient commencé à envahir le Palais des Festivals. Le 18 mai, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Richard Berry, Roman Polanski, Louis Malle et Jean-Pierre Léaud se mêlent au mouvement étudiant qui agite Cannes[30]. Ils se révolteront aussi contre le ministre de la culture André Malraux qui avait alors démis Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque française[31]. Pour aider ces célébrités, Alain Resnais, Carlos Saura et Miloš Forman retirent leur film en compétition de la sélection cannoise. Le Festival est pris d'assaut, et devient un lieu politique. C'est ainsi que le 19 mai, les organisateurs décident d'annuler le Festival, ce qui constitua une première dans l'histoire du cinéma[32].
[modifier] Des changements majeurs
En 1969, Pierre-Henri Deleau créa la Quinzaine des réalisateurs et la dirigera durant trente ans. Ce nouvel évènement avait alors été créé pour présenter des films étrangers réalisés par des cinéastes encore peu connus du public[33], et qui ne faisaient pas partie de la sélection. Le maxime de la Quinzaine était alors « Cinéma en liberté ». Pour sa première édition, l'évènement est organisé en à peine deux mois, ce qui n'a pas laissé le temps à une sélection de films : soixante deux longs métrages, et 26 courts métrages sont donc projetés[34] gratuitement : le public est libre d'y entrer. Le premier film à faire l'ouverture de la Quinzaine est celui du cubain Manuel Octavio Gómez : La Première charge. Ce long métrage recevra directement après sa projection un distributeur japonais.
La Quinzaine des réalisateurs rendra, en 1977, un hommage à Henri Langlois, décédé le 13 janvier 1977, en le mettant au premier plan sur l'affiche du Festival. Puis, de 1981 à 1983, la Quinzaine créera la section Super 8, mais qui n'eut pas un grand succès[35].
En 1972, le Festival de Cannes changera de figure : Robert Favre Le Bret est nommé président et Maurice Bessy est élu délégué général. Ce changement majeur a donné un renouveau à la cérémonie. Avant cette date, les États choisissaient les films qui les représenteraient au Festival[36]. Désormais, le nouveau délégué général instaura les deux comités de sélection, un pour la France, et un autre pour le cinéma international. Ce renouveau amènera quelques problèmes pour la sélection du Festival de Cannes 1972[37]. L'année suivante, une nouvelle section est inaugurée, Perspectives du cinéma français (aujourd'hui disparue). C'est en 1978 que les plus grandes modifications eurent lieu[38]. Gilles Jacob arrive alors au poste de délégué général du Festival et crée la Caméra d'or qui récompense le meilleur premier film de toutes les sections par l'intermédiaire d'un jury indépendant et la section Un Certain Regard. Cette section a été créée pour aider les films en marge à la distribution. Un film ressort gagnant d'une sélection de vingt films. Le Cinéma de genre est souvent mis à l'honneur dans cette section. De plus, Gilles Jacob en profitera pour réduire la durée du Festival à treize jours (elle était auparavant de deux semaines), ce qui diminuera en même temps le nombre de films sélectionnés[39]. En outre, alors que depuis ses débuts le jury est en grande partie composé d'Académiciens, il sera désormais composé essentiellement de célébrités de l'industrie du cinéma. On remarque aussi la présence du Festival sur les écrans télé par l'intermédiaire d'Antenne 2.
Le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes devait être agrandi. L'ancien palais méditerranéen se transforme alors en « bunker »[40]. Ce nouveau palace est plus confortable et spacieux. Mais il ne fera pas l'unanimité au départ[41]. Les travaux ayant été pris en charge trop tard, la remise des prix de l'édition 1983 se fera dans la poussière ... Ce qui avait failli faire arrêter le Festival[42].
L'architecture du nouveau palais est assez monumentale et présente 10 000 m², les festivaliers le surnommeront alors « Le Bunker »[43]. On remarquera aussi cette année la montée des marches d'Isabelle Adjani qui avait provoqué la grève des journalistes[44]. En 1984, on remarquera l'élection de Pierre Viot au statut de Président du Festival, en remplacement de Robert Favre Le Bret.
[modifier] La Cinéfondation
Puis, en 1998, Gilles Jacob créé la Cinéfondation pour soutenir la création d'œuvres de cinéma dans le monde et aider à l'entrée des nouveaux cinéastes dans le cercle des célébrités[45]. C'est chaque année une dizaine de réalisateurs ayant réalisé un ou deux courts métrages de fiction qui est accueillie à Cannes. Depuis sa création, c'est une quarantaine de pays et soixante-dix cinéastes qui se sont rassemblés pour les treize jours de Festival. La Cinéfondation met à disposition des réalisateurs une résidence à Paris et une aide à l'écriture d'un scénario. De plus, elle leur offre 800 € par mois, et un accès gratuit à plusieurs salles parisiennes[46]. On remarque depuis les années 2000 la projection de plus de mille films d'étudiants, qui sont témoins de la diversité et du dynamisme de la jeunesse des cinéastes.
En 2005, l'Atelier est créé. L'Atelier est une section de la Cinéfondation. Il a été prévu pour mettre en contact les jeunes réalisateurs avec des célébrités pour la production ou la distribution de leur film[47].
En 2002, le Festival international du film prend officiellement le nom de Festival de Cannes, qui le désignait couramment[48].
[modifier] Un Festival toujours d'actualité
En 2007, le Festival fête ses soixante ans, ce qui peut prêter à confusion puisque sa première édition a eu lieu en 1946 et qu'il aurait donc dû les fêter en 2006. Il s'agit par ailleurs de la 59e édition du Festival (il n'y a pas eu de Festival en 1948 ni en 1950). Cette édition est marquée par l'histoire du Festival, ce qui conduit ce dernier à inviter Bernard Thibault, qui salue la volonté de « marquer sa fidélité à l'histoire d'un Festival où la CGT est presque chez elle, même s'il a beaucoup changé »[49].
Le Festival bat à cette occasion son record de la projection du film le plus long. Précédemment détenu par Parsifal (4 h 40), et Nos meilleures années (6 h), c'est le film de Ken Burns nommé La Guerre (The War), un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale durant 14 heures, qui établit un nouveau record.
Pour le 60e anniversaire du Festival de Cannes, Luc Besson, président du Festival de Cannes 2000, a créé le Festival Cannes et Banlieues[50], dont le slogan est : Si tu ne peux pas aller à Cannes, c'est Cannes qui viendra à toi !. Ce Festival a pour but d'organiser dans plusieurs villes de la banlieue parisienne des projections de films de la sélection officielle, accompagnées d'un court métrage qui retracera les 60 ans du Festival de Cannes.
Depuis soixante ans, le Festival de Cannes a toujours innové et mis en lumière des réalisateurs ou des cinématographies. De La Bataille du rail à Indigènes, de Michèle Morgan à Penélope Cruz, l'histoire du cinéma a été écrite sur un tapis rouge[51]. Il innove aussi avec la récente installation du numérique dans les salles cannoises, et l'entrée du cinéma de genre dans la sélection.
[modifier] L'organisation du Festival
[modifier] Sections du Festival de Cannes
Le Festival de Cannes comprend deux grandes sections qui englobent plusieurs sous-parties, dont la plus ancienne est La Semaine de la critique[52], créée en 1962. Voici la liste de ces sections :
- La sélection officielle :
- Longs métrages en compétition
- Longs métrages hors compétition
- Courts métrages en compétition
- Un Certain Regard, créée en 1978
- Cinéfondation, créée en 1998
- Les sections parallèles créées par le Festival :
- Cinéma de toujours, créée en 1992
- Cannes Classics, créée en 2004
- Les sections parallèles créées par un organisme extérieur :
- La Semaine de la critique, créée en 1962
- La Quinzaine des réalisateurs, créée en 1969
[modifier] Sélection d'un film
Être sélectionné dans la célèbre compétition cannoise est un privilège et un enjeu crucial pour un cinéaste comme pour les producteurs qui souhaitent envoyer souvent des films encore en tournage. Les œuvres parvenues au comité de sélection subissent une longue file d'attente. D'ailleurs le public et les cinéphiles ne découvrent la sélection finale qu'un mois avant son annonce : certains films sont effectivement sélectionnés tardivement, mais d'autres sont réservés officieusement depuis plusieurs mois, pour que le Festival ait l'exclusivité de l'œuvre[53]. Le délégué du Festival, Gilles Jacob, instaure, dès sa première année à ce poste, le principe du film surprise avec L'Homme de marbre de Andrzej Wajda alors que le film était interdit en Pologne. Les bobines sont cachées dans des boîtes sur lesquelles est inscrit un faux titre, ce qui permet au film de passer la frontière et de concourir au Festival de Cannes. L'Homme de fer, de Andrzej Wajda toujours, a même été sélectionné alors que la compétition avait déjà commencé. De l'aveu de Gilles Jacob dans une interview au magazine Studio, « c'est le seul cas de figure où un autre candidat aurait pu protester ».
Au départ, les films étaient sélectionnés par leurs États qui tentaient ensuite de faire pression sur le jury[54]. Cela durera jusqu’à la création de la Détente, comité de sélection, en 1972.
De nos jours, il existe deux types de comités[55] :
- L'un, créé par Gilles Jacob, et dirigé aujourd'hui par Thierry Frémaux, choisit les films étrangers. Ce comité est composé de quatre membres : un journaliste, un réalisateur, un cinéphile et Laurent Jacob, le fils de Gilles Jacob.
- Le deuxième choisit les films français en compétition. Une part de mystère est gardée sur la composition de ce jury.
Ces comités visionnent six films par jour. De plus, avec l'arrivée des documentaires, films d'animation, ou des films de genre, le comité a dû visionner quelques 3 200 long métrage en 2005, et 4 000 en 2007[56].
De plus, pour qu'un film soit sélectionné, son tournage doit avoir été achevé moins de douze mois avant le Festival et il ne doit avoir été exploité que dans son pays d'origine. Il ne doit pas non plus avoir été présenté dans un autre Festival international. Pour les courts métrages, la durée maximum est quinze minutes[57].
[modifier] Prix décernés
Alors qu'en 1946, un Grand Prix était remis à un seul film, en 1947, les prix sont attribués par catégories : on retrouve celle des films d’aventures et policiers, des dessins animés, des films psychologiques et d’amour, des films sociaux, et des comédies musicales. C'est d'ailleurs la seule année où ce système de récompenses sera utilisé.
Dans les années 1950, et particulièrement sous la présidence de Jean Cocteau, certains prix à l'appellation un peu fantaisiste sont décernés tels que le Prix du film lyrique (1952), le Prix International du film de la bonne humeur (1953), le Prix International du film le mieux raconté par l'image (1953), entre autres.
Avec l'arrivée de la Palme d'or, le titre des prix octroyés s'homogénise même si l'on trouve encore un Prix de l'humour poétique en 1957. Il sera toutefois créé par la suite des prix pour récompenser certains films n'ayant pas obtenus de prix « officiels » mais méritant tout de même, selon le jury, d'être mentionné au palmarès. Ainsi furent distribués des prix tels que le prix de la meilleure évocation d’une épopée révolutionnaire en 1963 à La Tragédie optimiste de Samsonov, ou le Grand prix du cinéma de création en 1983 remis à Bresson et Tarkovski car le jury ne pouvait les départager[58].
Ces prix ont la plupart du temps été créés pour l'occasion. Ainsi, pour que Mort à Venise de Luchino Visconti, ne reparte pas bredouille en 1971, on lui attribue le prix du 25e anniversaire. Le réalisateur dira : « celui-là, au moins, personne d'autre ne l'aura ! »[59].
À noter qu'après que le Jury ait attribué à Barton Fink trois prix importants en 1991, le règlement a été modifié : le jury n’a en effet plus le droit de donner plusieurs prix à un même film. Seul un prix d’interprétation peut s’ajouter à un autre prix[60].
Depuis 1955, le plus prestigieux des prix décernés à Cannes est la Palme d'or, remise au meilleur film. Le deuxième prix le plus prestigieux est le Grand Prix.
- Longs métrages de la compétition officielle :
- La Palme d'or, depuis 1955, est décernée au meilleur film,
- Le Grand Prix récompense le film qui manifeste le plus d'originalité ou d'esprit de recherche,
- Le Prix d'interprétation féminine est remis à la meilleure actrice,
- Le Prix d'interprétation masculine est remis au meilleur acteur,
- Le Prix de la mise en scène est remis au meilleur réalisateur,
- Le Prix du scénario est remis au meilleur scénariste,
- Le Prix du Jury ;
- Le Prix de la Critique internationale, créé spécialement en 1946 pour récompenser Georges Rouquier pour Farrebique, éliminé de la sélection.
- Courts métrages de la compétition officielle :
- La Palme d'or du court-métrage est décernée au meilleur court métrage
- Le Trophée du Festival de Cannes est remis pour rendre hommage à une personnalité du cinéma pour l'ensemble de sa carrière
- Le Prix du jury du court-métrage
- Sélection officielle (compétition et Un Certain Regard) :
- Le Prix de la jeunesse décerné par un jury-jeunes récompense un film, première ou seconde oeuvre d’un cinéaste
- Sélection officielle (compétition et Un Certain Regard), la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique :
- La Caméra d'or, depuis 1978, récompense le meilleur premier film de l'ensemble de ces sections
- Le Prix Orange par l'Association de presse, reçu par acteurs et actrices
- Le Soleil d'or remis par la CCAS
- Le Prix Œcuménique est décerné pour la diversité culturelle d'un long métrage
- Le Prix Fipresci décerné pour soutenir un genre risqué, personnel ou original
- Le Prix François Chalais récompense un film voué aux valeurs du journalisme
- Le Trophée Chopard récompense un acteur et une actrice du cinéma, dans la catégorie révélation
- Le Prix Vulcain de l'Artiste Technicien, initialement nommé Grand prix technique, qui a été créé en 1951. Il est décerné par la Commission supérieure technique de l'image et du son (CST).
- Le Prix Roberto Rossellini remis à une personnalité jouant un rôle humaniste à la manière de Roberto Rossellini
[modifier] Direction du Festival
| Année | Nom | Rôle |
|---|---|---|
| 1949 | Jean Touzet du Vigier | ► Secrétaire général |
| 1952 | Robert Favre Le Bret | ► Délégué général |
| 1972 | Robert Favre Le Bret | ► Président |
| 1972 | Maurice Bessy | ► Délégué général |
| 1978 | Gilles Jacob | ► Délégué général |
| 1984 | Pierre Viot | ► Président |
| 1984 | Robert Favre Le Bret | ► Président d'honneur |
| 1985 | Michel P. Bonnet | ► Secrétaire général |
| 1991 | François Erlenbach | ► Secrétaire général |
| 2001 | Gilles Jacob | ► Président |
| 2001 | Véronique Cayla | ► Directrice générale |
| 2001 | Thierry Frémaux | ► Délégué artistique |
| 2005 | Catherine Démier | ► Directrice générale |
Le Festival de Cannes est dirigé par plusieurs personnes, aux postes très différents. Ces différentes fonctions s'expliquent de l'évolution et de la croissance du Festival : jusqu'en 2000, deux personnes s'occupaient de la direction : le Président et le Délégué général, qui occupait lui-même les places de directeur général et de directeur artistique. Le secrétaire général était placé à l'intendance.
Mais, en 2001, lorsque Gilles Jacob est promu Président, deux personnes supplémentaires furent employées pour remplacer les anciennes fonction du nouveau président : une directrice générale, et un délégué artistique qui s'occupera de la sélection des films. Un contrôleur financier rentrera en 2001 dans le cercle de la direction du Festival de Cannes.
Ci-droite, les personnes qui ont occupé ces places depuis la création du Festival, jusqu’à aujourd'hui[61] :
- Secrétaire général
- Le Secrétaire général s'occupe de la réception d'œuvres
- Délégué artistique
- Pour être Délégué Artistique au Festival de Cannes, il faut avoir une connaissance sur l'histoire de l'art. Cette personne devra ensuite suivre une formation aux techniques cinématographiques, puisqu'elle s'occupe de la sélection des films
- Délégué général
- Le Délégué général est recruté par le Président du Festival. Il s'occupe de vérifier que les tâches se déroulent normalement, en les coordonnant. Il est aussi le représentant des techniciens auprès du Président
- Président
- Le Président est le « directeur » du Festival. Il accueille les célébrités du monde du cinéma en haut des marches. Mais il est aussi là pour diriger les autres personnes travaillant pour le Festival
- Directeur général
- Le Directeur général est là pour superviser les tâches. C'est la deuxième place la plus importante du Festival.
[modifier] Le Cinéma français au Festival
Le Festival de Cannes est le festival de cinéma le plus médiatique en France et dans le Monde. Le cinéma français n'est pas pour autant privilégié. En effet les lauréats français de la Palme d'or sont rares : on remarque Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et Maurice Pialat (avec Sous le soleil de satan) en 1987, mais, plus récemment, Laurent Cantet (avec Entre les murs), Palme d'or en 2008. En 2007, trois films français sur vingt-deux étaient en compétition. Depuis 1966, c'est donc tous les vingt ans qu'un français est récompensé par le prix suprême. Les organisateurs se justifient en disant que le Festival n'est pas seulement national mais international. D'ailleurs la France est le quatrième pays dans le classement du nombre de lauréats de la palme[62]. En 2007, la France devra se contenter du Prix du Jury pour Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, la Palme d'or ayant été remise à Cristian Mungiu pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Par ailleurs, le cinéma français, est soumis à un comité de sélection spécifique, et fournit généralement trois des vingt deux candidats de la sélection officielle. Jusque dans les années 1980, le Comité de sélection française, composé de quatre à vingt personnes selon les années, était nommé par le ministre de la Culture. En 1983, Daniel Toscan du Plantier et Alain Terzian persuadèrent le ministre de laisser le Festival sélectionner les films français. Pour éviter une surcharge de travail, Gilles Jacob créera la même année un comité de sélection dédié aux films français dont il choisit lui-même les conseillers et dont le nombre n’est pas prédéfini[63]. Les lauréats français de la Palme d'or sont au nombre de huit, avec notamment Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et, dernier à ce jour, Laurent Cantet (avec Entre les murs) en 2008, ce qui place la France au quatrième rang du classement des pays en nombre de lauréats de la palme, après notamment les États-Unis[réf. nécessaire].
Depuis 1946, les lauréats français du Grand prix ou de la Palme d'or, le prix principal du Festival, selon la date, sont Jean Delannoy avec La symphonie pastorale en 1946, Henri-Georges Clouzot avec Le Salaire de la peur en 1953, Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle avec Le Monde du silence en 1956, Henri Colpi avec Une aussi longue absence en 1961, Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Claude Lelouch avec Un homme et une femme en 1966, Maurice Pialat avec Sous le soleil de Satan en 1987 et en 2008, Laurent Cantet avec Entre les murs.
[modifier] Les Leçons
Le Festival de Cannes inaugurera en 1991 La leçon de cinéma. Cette leçon est dirigée par un célèbre cinéaste[64]. On remarque notamment Nanni Moretti, Oliver Stone, Stephen Frears, Francesco Rosi, Wong Kar-wai et Sydney Pollack ... Ainsi, de par leur style, ils illustrent leurs moments forts, leur parcours d'artiste dans le monde du cinéma et leurs visions du film idéal. Ces leçons ont été conçues pour faire aimer et découvrir le cinéma dans un esprit de dialogue créatif et ouvert. Les admirateurs de célébrités pourront ainsi les découvrir plus concrètement qu'à la montée des marches, par exemple. Le public pourra aussi apprendre à connaître le métier de réalisateur, et découvrir la cinématographie. Des leçons de cinéma de cette envergure n'ont jamais été présentées dans des festivals internationaux auparavant, comme la Mostra de Venise ou le Berlinale, il aura fallu attendre l'idée de Gilles Jacob pour pouvoir y participer.
En 2003, La leçon de musique est créée sur le modèle des Leçons de cinéma. C'est ici qu'un grand compositeur de musiques de film partagera sa carrière musicale avec le public. Se sont succédé Nicola Piovani et Alexandre Desplat par exemple.
Puis, en 2004, c'est au tour de la Leçon d'acteur d'être innovée. On a déjà retrouvé Catherine Deneuve, Max Von Sydow et Gena Rowlands.
Le public, qui a rarement accès aux projections officielles, peut alors avoir un contact direct avec les célébrités devenues « professeurs ». C'est sur le ton de la confession intime qu'un échange unique dans le monde a été mis en place par Gilles Jacob. C'est un partage concret où chaque professionnel se livre aux questions des plus curieux, en racontant ses expériences vécues.
[modifier] Protocole cannois
Pendant une dizaine de jours, la ville de Cannes est entièrement chamboulée par le Festival. La Croisette est envahie par plus de 4 500 journalistes. Durant les deux premières semaines de mai, les foules du cinéma affluent. Ainsi, un protocole s'est instauré dans ce Festival International. Quelques Cannois évoquent le Festival d'antan avec nostalgie[65]. D'ailleurs, Marina Vlady avouera dans le documentaire Cannes, 60 ans d'histoire qu'avant les starlettes venaient à Cannes pour un rendez-vous d'amour et d'amitié, que les célébrités pouvaient parler aux passants dans la rue. Tandis que maintenant, elle blâme les voitures blindées, les gardes du corps, ... L'actrice dira que le Festival de Cannes vient de perdre un rapport social[66].
Chaque soir durant le Festival, est projeté un film de la compétition. La presse est conviée la veille pour la projection de ce même film ou bien aux séances du matin ouvertes aux personnes possédant une invitation officielle, et aux médias. Effectivement, les projections officielles du soir se font en présence de l'équipe du film visionné, après la célèbre montée des marches. Des invités sont aussi présents, comme des notables, et certains grands organismes dont l'influence est importante. On voit tout de même quelques festivaliers amateurs, n'ayant pas d'invitation, attendre au pied des marches qu'on leur en donne une, mais rares sont ces privilégiés.
De plus, il existe une priorité d'entrée aux projections pour la presse. Les accréditations des milliers de journalistes, photographes ou rédacteurs présents sont réparties selon cinq niveaux stricts qui déterminent l'ordre d'entrée dans la salle[65]. L'attribution des niveaux d'accréditation est décidée par le service du presse, qui tranche en fonction de l'importance des tirages, de l'ampleur de la couverture par le titre, de la fréquence de parution et du nombre d'accréditations demandées[67].
Une tenue stricte est exigée lors de la montée des marches[65]. Les hommes sont tenus traditionnellement au smoking et les femmes à une robe de soirée, souvent signées par des couturiers de renommée mondiale[68], ce qui n'a pas empêché Pablo Picasso de monter les marches avec une veste en peau de mouton lors du Festival 1953[69].
Mais, depuis le début des années 2000, le Festival a tendance à s'ouvrir plus largement au public, les dirigeants ont créé des soirées de projections de longs métrages divers hors-compétition gratuites, où tout le monde peut entrer.
[modifier] Cannes fait le mur
Rendez-vous annuel depuis 2004, « Cannes fait le mur » est une exposition de diverses photographies grandeur nature de cinéastes, exposées entre les maisons, ou sur des monuments. Ces photos sont imprimées sur des kakémonos, de grandes baches perforées pour ne pas se balancer avec la pression du vent. Attaché au projet, c'est Denis Rouvre, photographe professionnel, qui s'occupe du choix des images, et des lieux où elles seront suspendues. On les retrouve notamment sur l'espace Ranguin, l'immeuble Alexandra à la Bocca, sur le lycée Jules Ferry, la mairie, ou encore sur l'hôtel Renoir.
Pour ce faire, Corbis-Outline place ses œuvres dans le domaine public et Multiplast fourni gratuitement les baches[70]. Malgré ce volontariat, ce sont 40 000 € dépensés pour le montage, et le démontage des toiles.
Cet évènement est organisé en collaboration entre la mairie de Cannes, et le Festival de Cannes.
Loin des photographes et des touristes, le studio montable n'est en fait qu'un photomaton, et seul, le cinéaste photographié est totalement libre de faire ses photographies, comme il l'entend. Dévoilés au cannois, sept artistes sont exposés durant le Festival de Cannes dans toute la ville.
Parmi les célébrités exposées, on retrouve Samuel L. Jackson, Elijah Wood, Rossy de Palma, Kevin Bacon ou encore Maïwenn Le Besco.
[modifier] La portée et l'influence du Festival
[modifier] Le Marché du film
Créé en 1959, le Marché du film est une des facettes commerciales du Festival international du film de Cannes[71]. Il est l'un des rendez-vous les plus importants au monde en ce qui concerne les rencontres, négociations et transactions de l'industrie du cinéma[71]. Il sert aussi à faire découvrir des projets aux distributeurs. Chaque année, il offre un aperçu de la production internationale actuelle en projetant plus de quatre mille films, du cinéma d'auteur aux grosses productions[71]. Le Marché est devenu très important, il comptait dix mille participants de quatre-vingt-onze pays en 2000[71].
Il se déroule sur douze jours pendant le Festival de Cannes. Pour les producteurs, ce marché est très significatif, puisque porter son badge revient à pouvoir participer à toutes les projections officielles[71].
Ce marché se démarque des projets parallèles en étant le premier et le seul à proposer trente salles équipées en matériel numérique.
En 2004, le Marché crée le Producers Network, sous-section de ce dernier, qui aura un succès dès sa première édition[72]. Cette section est réservée aux producteurs d'au moins un film sorti en salles au cours des trois années précédentes. Le Producers Network aide à la coproduction internationale, par le biais de dialogues entre professionnels. Pour se faire, les producteurs possèdent chacun vingt minutes pour présenter leur projet à d'autres producteurs plus importants. Chaque année, il accueille cinq cents producteurs étrangers[73].
Pour faciliter ces échanges de vingt minutes, et la production, le Producers Network a inauguré en 2004 une salle où sont disposées des tables rondes, où tous les matins, pendant le Festival, les producteurs viendront déjeuner, et discuter de leurs projets[73]. Le Producers Network se déroule au cœur du Village International.
Il a aussi créé en 2007 le Speed dating, soirée thématique, réalisé en collaboration avec la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et le Centre national de la cinématographie (CNC).
[modifier] Les sponsors et les médias
Si le Festival de Cannes est le deuxième évènement le plus médiatisé au monde, c'est grâce aux trois cents chaînes de télévision présentes sur place, comme Canal+ qui a déboursé six millions et demi d'euros pour l'édition 2007[74], et aux multiples parraineurs. On remarque en particulier Kerry Washington, Gong Li et Andie MacDowell lors de la montée des marches 2007, représentant L'Oréal, groupe industriel français spécialisé dans les cosmétiques et la beauté. D'ailleurs, Penélope Cruz qui avait remporté le Prix d'interprétation féminine pour Volver avait été critiquée pour son parrainage avec ce groupe industriel[75]. La collaboration entre le Festival et L'Oréal a fêté ses dix ans en 2007.
De multiples journaux de presse écrite sont aussi présent sur la Croisette, comme Paris Match, ou Le Monde. On retrouve de même des magazines de cinéma avec Première, ou Ciné Live.
Le transport des célébrités dans Cannes est très prisé. Renault, transporteur officiel des célébrités jusqu'au Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, et sa Vel Satis, qui, en 2007, fêtaient leurs vingt cinq ans de collaboration[76], mais aussi Audi, qui a d'ailleurs signé un contrat avec Jean Roch, directeur du VIP Room, pour trois ans[77].
Aussi, les maîtres de cérémonie sont habillés par des « grands de la mode », qui en profitent pour être vus du public : Diane Kruger, maîtresse de cérémonie de l'édition 2007, a porté une robe drapée en satin bleu nuit de Chanel, firme de la haute couture. Cette robe avait été spécialement créée pour elle par Karl Lagerfeld. C'est ici une autre manière de se faire remarquer par les foules[78].
Des cinéphiles critiqueront d'ailleurs la présence imposante des médias. Ils remarqueront le fait que les prix remis soient aussi touchés par les sponsors : la Palme d'or qui a été refondue par le joaillier suisse Chopard, lui a aussi été décernée en tant que producteur de cinéma. Mercedes-Benz s'occupe de la remise du prix de la Semaine internationale de la critique, et la Fondation Gan sponsorise le prix de la section Un Certain regard.
Le Festival cherche ainsi à être sponsorisé, les médias retransmettent l'évènement dans le monde entier, et les sponsors en font de la publicité. Ceci attire les foules. Mais, ce phénomène évènement mondial marche aussi à l'inverse : les publicitaires se battent pour devenir partenaire officiel du Festival et ainsi être vus de tous. Voici les propos du groupe Maxell : « Ce sponsoring est une excellente opportunité pour Maxell, le Festival de Cannes est un évènement planétaire, diffusé dans le monde entier, et qui jouit d’une reconnaissance importante »[79].
Voici en quelques chiffres la présence des médias en 2007[80] :
- 4500 journalistes
- 1000 journaux de presse écrite
- 300 chaîne de télévision
- 200 agences de presse
- 150